Pour une véritable transparence

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« N'eût été l'incapacité du gouvernement à honorer les ententes conclues avec les deux ordres de médecins, jamais le niveau extraordinaire d'augmentation de leur rémunération n'aurait été dévoilé », affirme l'auteur.

Photo Jeff Swensen, archives The New York Times

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Daniel Poirier

Ex-directeur au MSSS, Québec

Malgré une couverture médiatique exceptionnelle, dans quelques semaines, l'intensité de la polémique entourant le rapport de la vérificatrice générale sur la rémunération des médecins aura diminué. L'actualité attirera les journalistes vers d'autres rivages et le navire échoué de la négociation avec les médecins sera presque oublié.

Que restera-t-il de cette période de lucidité où furent exposés au grand jour les résultats désastreux de la négociation permanente à laquelle se livre depuis des années le ministère de la Santé et les ordres des médecins ? N'eût été l'incapacité du gouvernement à honorer les ententes conclues avec les deux ordres de médecins, jamais le niveau extraordinaire d'augmentation de leur rémunération n'aurait été dévoilé. N'eût été le dépôt du rapport de la vérificatrice générale, jamais la portée réelle des ententes en termes de coût et d'accès aux services médicaux n'aurait été connue. 

L'obscurantiste entourant les résultats de la négociation avec les ordres de médecins est aujourd'hui manifeste.

Quand reverrons-nous la lumière ? Un gouvernement affranchi de l'influence malsaine des ordres de médecins aurait déjà pris les engagements : 

- de présenter publiquement, en toute transparence et chaque année, les résultats détaillés et compréhensibles de la négociation permanente avec les syndicats de médecins en s'inspirant de l'approche de la vérificatrice générale ; 

- d'évaluer chacune des mesures introduites dans les ententes avec les médecins pour améliorer l'accès aux services en utilisant une expertise comparable à celle de l'équipe de la vérificatrice générale. L'ensemble de ces mesures représente une dépense annuelle récurrente de 920 millions de dollars ; 

- de retirer de l'enveloppe budgétaire des médecins l'équivalent du coût des mesures qui devaient favoriser l'accès aux services médicaux, mais dont l'évaluation n'aura pas été concluante ou possible et d'utiliser éventuellement ces sommes pour défrayer leurs futures augmentations de rémunération ; 

- de dégager annuellement les budgets requis pour évaluer les mesures tarifaires et non tarifaires introduites dans les ententes avec les médecins, pour évaluer les pratiques médicales et pour évaluer les modes de rémunération ; 

- de rendre accessibles aux chercheurs les données de facturation des médecins disponibles à la RAMQ nécessaires à la réalisation de ces mandats d'évaluation ;

- de revoir le processus de négociation avec les ordres de médecins et de transférer cette fonction à l'extérieur du ministère de la Santé. Les ordres de médecins, d'une efficacité redoutable, ont déjà plaidé devant des autorités gouvernementales que rien dans leurs ententes ne prévoit de telles évaluations et encore moins de telles récupérations.

Ainsi, sur un horizon d'une dizaine d'années, nous aurons comme société gaspillé jusqu'à 9,2 milliards pour assumer le coût d'une pléthore de mesures inefficaces d'accès aux services médicaux. Imaginez toutes les initiatives qui auraient pu être soutenues financièrement à même ces sommes pour améliorer réellement la santé des Québécois.

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