Montréal et ses espaces naturels

Le corridor écologique L'Anse-à-l'Orme, dans l'arrondissement Pierrefonds-Roxboro.... (PHOTO DAVID BOILY, ARCHIVES LA PRESSE)

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Le corridor écologique L'Anse-à-l'Orme, dans l'arrondissement Pierrefonds-Roxboro.

PHOTO DAVID BOILY, ARCHIVES LA PRESSE

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Patrick Barnard

Membre de la Coalition Verte et de la National Association for Olmsted Parks

Pour un citoyen comme moi, qui vient originellement de la ville de New York, même si je suis installé ici depuis longtemps, Montréal reste une merveille sur le plan de sa richesse naturelle.

Le fleuve descend avec sa force impressionnante et semble être un témoin éternel des activités humaines sur ses rives. L'île de Montréal reste au centre d'un territoire écologique - le sud-ouest du Québec - qui possède la plus vaste biodiversité de toute la province et le nombre d'espèces floristiques et fauniques ainsi que leur abondance y sont plus importants. C'est une vérité scientifique qui est un peu cachée, peut-être parce nous sommes entourés par nos maisons de banlieue et nos gazons devant nos rues asphaltées.

Il y a une autre vérité peu connue : Montréal se classe, jusqu'à maintenant, au dernier rang des villes du Canada pour ses espaces verts conservés par habitant.

Vancouver a une ceinture verte. Toronto aussi, mais Montréal attend toujours sa ceinture des espaces naturels conservés, même si un tel réseau est un des quatre piliers primordiaux du Plan métropolitain d'aménagement et de développement (le PMAD).

Néanmoins, la ville de Montréal a fait un bond en avant en janvier 2015 alors qu'elle se donnait un grand défi de créer finalement une vraie trame verte.

Après beaucoup de pression de la part du public, le comité exécutif de la Ville de Montréal a approuvé un nouvel objectif pour les espaces naturels dans le Schéma d'aménagement et de développement de l'agglomération de Montréal. 

On a décidé de passer de 6 % du territoire en espaces protégés à 10 %.

La section 2.3 du Schéma contient un engagement formel : « Les propositions du schéma visent à ce que la superficie terrestre des aires protégées atteigne 10 % contribuant ainsi davantage à l'atteinte de l'objectif du PMAD. »

Ce nouvel objectif de 10 % représente un accroissement des aires protégées d'au moins 2 000 hectares. Et maintenant, plus vite qu'on l'avait pensé, Montréal se trouve devant la réalité de ce grand défi.

Dans l'arrondissement de Pierrefonds-Roxboro se trouve un corridor écologique du nom de L'Anse-à-l'Orme. Il s'agit de tout un système de forêts, de marécages et d'espaces marécageux. Une partie essentielle de cet écosystème est composée de 185 hectares de prairies humides qui sont des terres en friche. Dans le langage du Schéma, ces terrains font partie intégrale de la trame verte : « La Trame verte de l'agglomération se définit d'abord et avant tout par les éléments du territoire, soit les bois, les milieux humides et les friches naturelles. »

Ces champs à Pierrefonds représentent le seul grand morceau des aires naturelles contiguës qui subsistent dans l'île de Montréal - et seulement un dixième de ce qu'il faut conserver pour atteindre l'objectif du Schéma !

Mais en juin 2015, le maire Denis Coderre et le maire de l'arrondissement de Pierrefonds-Roxboro, Jim Beis, ont annoncé un développement massif d'au moins 5 000 unités d'habitation qui détruira ces prairies humides qui sont essentielles si on veut réellement avoir une trame verte chez nous.

Malheureusement, Monsieur Coderre et le comité exécutif insistent pour faire avancer les bulldozers, mais ils agissent en contradiction flagrante avec le Schéma et le PMAD. Le comité local des citoyens Sauvons l'Anse-à-l'Orme est déjà devant les tribunaux, lui aussi convaincu que la Ville ne peut pas détruire ces prairies si importantes pour l'environnement. Une lutte acharnée commence, et les citoyens ont l'appui de la Fondation David Suzuki, de Sierra Club Québec, du Conseil régional de l'environnement de Montréal, de Projet générations et de la Coalition Verte, entre autres.

Le grand défi environnemental sera difficile - et c'est très logique, puisque les forces de destruction qui ont déjà éliminé 90 % de nos milieux naturels humides sont toujours en marche.

Le temps de la vérité approche pour la Ville de Montréal. Il faut préserver les prairies humides de Pierrefonds pour que nous puissions nous joindre à Toronto, à Vancouver et à d'autres grandes villes dans une démarche environnementale qui est vraiment une question de vie ou de mort.

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