Voter contre...

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« En 2012, on a vécu la campagne électorale "N'importe qui sauf le PLQ". En 2015, c'est "Anybody but Harper" », souligne Pierre Simard.

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Pierre Simard

Professeur à l'ENAP

En 2012, on a vécu la campagne électorale « N'importe qui sauf le PLQ ». En 2015, c'est « Anybody but Harper ». Chaque élection ressasse la même comédie intitulée « Votons stratégique contre [...] ».

La politique ne consiste plus à faire la promotion de ses idées, mais à dénigrer celles des autres. Nos campagnes électorales sont le théâtre de stratégies douteuses où l'électeur est invité à donner son vote à un inconnu, pour hypothétiquement en défaire un autre... trop connu.

Nos élections sont teintées d'un tel négativisme qu'il faudrait songer à revoir notre mode de scrutin pour permettre à l'électeur d'exprimer son désaveu à un candidat ou au parti qu'il représente.

Il suffirait, par exemple, de permettre le vote « contre ». Chaque électeur n'aurait droit, comme dans le régime électoral actuel, qu'à un seul vote. La différence, c'est qu'il pourrait choisir de l'utiliser pour voter « pour » ou « contre » un candidat.

Chaque bulletin de vote serait imprimé recto verso. Au recto, il serait inscrit : Je vote « pour » le candidat A, B ou C. Au verso, on pourrait lire : Je vote « contre » le candidat : A, B, ou C. L'électeur choisirait le côté du bulletin de vote sur lequel il veut apposer son « X ».

Chaque vote « contre » obtenu par un candidat serait soustrait de ses votes. Le candidat ayant reçu 1000 votes « pour » et 400 « contre » obtiendrait un solde électoral de 600 votes. Le vainqueur serait celui recueillant le solde de votes le plus élevé.

Cette variante simple du vote pondéré, qui n'est pas nouvelle en soi, a le mérite d'être peu coûteuse à mettre en oeuvre, si ce n'est qu'elle obligerait nos scrutateurs à faire des soustractions.

Cette réforme du mode de scrutin ne modifierait probablement pas de manière importante les résultats électoraux. Son introduction présenterait toutefois certains avantages.

Se déplacer et prendre de son précieux temps pour aller voter en se pinçant le nez n'est pas donné à tous.

On peut penser qu'offrir à l'électeur la possibilité de voter contre un candidat pourrait ramener à l'urne une part significative des quelque 40 % d'absentéistes aux quatre dernières élections fédérales.

Principalement ceux qui croient encore que leur vote peut faire une différence, mais qui se sentent incapables d'accorder leur confiance aux candidats qui leur sont proposés.

INCONSÉQUENT

Appuyer un candidat qu'on ne connaît pas, du simple fait qu'on en déteste un autre, est un geste inconséquent et démotivant. Voter pour Mulcair parce que votre syndicat déteste Harper ou voter pour le PLQ parce qu'un animateur de radio déteste le PQ, c'est brader son futur droit de critique et servir de proie aux adeptes du ridicule cliché : « Désolé, mais vous avez voté pour ça. »

Certains diront que l'exercice démocratique doit demeurer un geste positif, que l'électeur doit voter pour le meilleur candidat de sa circonscription et non pour un parti, etc. Malheureusement, notre réalité politique est tout autre.

***

Il n'existe pas de mécanisme parfait de révélation des préférences électorales, c'est vrai. Néanmoins, toute révision de notre mode de scrutin qui permettrait à un plus grand nombre d'électeurs de s'exprimer, et ce, de façon claire, serait une bonne nouvelle pour notre démocratie. À défaut d'être positif, soyons pragmatiques !

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