« C'est la faute de la moto ! »

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« Je roule principalement sur les routes de campagne, limitées à une vitesse de 70 à 90 km/h, et je ne dépasse jamais la limite », confie Mélanie Bergeron.

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Mélanie Bergeron

Infirmière, Saint-Hubert

Ces derniers temps, on assiste à une vague d'accidents de moto. Vitesse, inattention, mauvais virage de la part du motocycliste sont mis en cause. Je ne mets pas en doute la véracité de ces états de compte. Laissez-moi toutefois vous faire part de l'autre côté de la médaille.

Je suis une motocycliste. J'ai une moto de route, de style custom. Je me considère comme une bonne conductrice. Je respecte la limite de vitesse, je ralentis aux intersections, j'observe mon R-A-R (rétroviseur-angle mort-rétroviseur) avant de tourner ou faire un dépassement. Malgré toute ma bonne volonté et ma prudence sur la route, j'ai failli avoir eu plusieurs accidents... par la faute des automobilistes.

Je roule principalement sur les routes de campagne, limitées à une vitesse de 70 à 90 km/h. Parfois moins, lorsqu'on arrive aux abords d'un village ou d'une ville. Je ne dépasse jamais la limite.

Oui, il y a une traînée de voitures qui suivent derrière moi. Oui, les conducteurs sont impatients de suivre une « mémère » au volant. Chaque fois, je me fais coller à l'arrière de ma moto ; les voitures espèrent ainsi que j'augmente ma vitesse. À chaque occasion, je me fais dépasser furieusement et couper à quelques mètres de ma monture. Souvent, je dois me coller sur la ligne blanche (côté droit de la route) pour ne pas me faire accrocher par ces chauffards enragés. Désolée, mais je n'augmenterai pas ma vitesse.

Régulièrement, lorsque je suis sur une route, je croise un embranchement. En principe, le conducteur qui sort de cet embranchement doit céder le passage. Rares sont les automobilistes qui le respectent. Rares sont ceux qui regardent leur angle mort pour voir s'il y a déjà quelqu'un sur la route qu'ils iront rejoindre. À plusieurs reprises, j'ai dû ralentir pour laisser passer un automobiliste qui ne respectait pas cette règle. À cause de ce ralentissement soudain, j'ai risqué d'être emboutie par le chauffard en arrière de moi, car il roulait trop près.

Que dire de la conduite en ville ? Des voitures qui te coupent, car le conducteur ne veut pas attendre que la file passe. Des arrêts à moitié exécutés sur un feu rouge pour tourner à droite. Des dépassements par la droite ou la gauche, car les automobilistes croient que tu es un vélo. Et j'en passe.

J'en conviens. Il y a des motocyclistes qui ne sont pas aussi prudents que je puisse l'être. Mais, chers journalistes et ministre des Transports, arrêtez d'encourager uniquement les motocyclistes à être prudents et de ne rejeter la faute que sur eux. Encouragez aussi les automobilistes à respecter le Code de la route et faites prendre conscience à ces conducteurs qu'une moto, ça ne s'arrête pas avec aussi d'agilité qu'une voiture et que les dommages causés sont plus graves. Car, NON, ce n'est pas toujours la faute de la moto !

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