Carpe diem

Selon la FCPQ, les compressions imposées par Québec... (Photo: Ivanoh Demers, archives La Presse)

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Selon la FCPQ, les compressions imposées par Québec ont entraîné une augmentation des coûts du transport scolaire.

Photo: Ivanoh Demers, archives La Presse

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Anne-Marie Quesnel

Auteure, conférencière, future ex-enseignante

C'est la rentrée... Difficile de ne pas s'en rendre compte : les premières apparitions du spectre de la rentrée ont été observées dans les magasins dès juillet ! N'est-ce pas fascinant de voir à quel point nous vivons en différé, toujours en train de préparer l'avenir pas si loin ? Qu'en est-il du moment présent, le seul sur lequel nous avons un soupçon de pouvoir ? On n'y arrive jamais. On a toujours l'oreille tendue vers le prochain événement, l'oeil accroché à l'étape suivante, voire collé au cellulaire ou à la tablette numérique !

Rentrée scolaire à l'Ècole de la Petite-Bourgogne. ... ((Archives Le Quotidien)) - image 1.0

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Rentrée scolaire à l'Ècole de la Petite-Bourgogne. 

(Archives Le Quotidien)

Le présent est mort, et l'avenir est incertain. À voir les décisions qui sont prises pour sabrer l'investissement dans l'éducation, cela crève les yeux. Nous tenons l'école à bout de bras, la privant de sa valeur et de son importance, épuisant nos ressources à l'idée de ce qui s'en vient. Certains diront même que l'éducation s'est transformée en bien de consommation bas de gamme. Si Costco se mettait à vendre des diplômes secondaires, il doublerait son chiffre d'affaires !

Et notre qualité de vie, dans tout cela ? Voici ma réflexion.

Comment notre vie serait-elle meilleure si nous décidions de vivre le moment présent à fond, mais aussi de permettre à nos enfants de le vivre sans toujours les précipiter vers la prochaine étape de vie ?

Si nous décidions, en cette rentrée scolaire, de ne pas farcir notre agenda familial ad nauseam en inscrivant notre progéniture à mille activités qui s'ajoutent à ce que l'école offre déjà et qui fait que toute la famille va vivre un automne hyper stressé en faisant la navette à un rythme d'enfer entre le service de garde, la préparation des repas, les courses, les devoirs, les obligations familiales, le travail, les sorties, le service de taxi au cours de peinture-karaté-hockey-soccer-football-cheerleading-danse-patin-ringuette-volleyball-piano-violon-alouette ?

En fait, peut-être que chacun de nous se porterait mieux en reconnaissant que, s'il est vrai que nous pouvons certainement tout être et tout avoir dans la vie (famille, carrière, amour, amitié, temps pour soi), il est plus sage (et équilibré) d'admettre qu'on ne les aura pas nécessairement tous en même temps.

Si nous décidions de mettre l'accent sur quelques valeurs de base importantes (respect de soi et des autres; temps de qualité en famille chaque semaine; TOUS les cellulaires fermés au repas et aucun appareil dans la chambre; méditation, lecture ou farniente obligatoire pour TOUS, 20 minutes par jour, etc.), peut-être que tout le monde se sentirait mieux.

Si les adultes décidaient de mettre l'épaule à la roue ensemble pour revaloriser sincèrement l'importance de l'éducation et des gens qui y consacrent leur vie, possiblement que les enfants reprendraient goût à l'école.

Si les parents choisissaient, cette année, de ne pas retirer leur enfant de l'école le vendredi après-midi pour aller au chalet ou pendant une semaine pour aller dans un tout-inclus à Cuba, les enfants verraient que leurs parents savaient qu'en donnant naissance, il était entendu qu'ils auraient à se priver de voyages familiaux pendant l'année scolaire. On aurait affaire à des adultes qui comprennent que cette contrainte ne dure qu'une quinzaine d'années et qu'ensuite, une autre étape de vie s'offre à eux, celle-ci avec des rides peut-être, de l'expérience certainement et, surtout, la fierté indélébile d'avoir transmis l'importance de l'éducation.

Bref... Au lieu de prendre une résolution bidon le 1er janvier, choisissons aujourd'hui, maintenant, la qualité au lieu de la quantité. Qualité dans le temps passé ensemble, dans une activité bien choisie, dans les relations humaines et le choix conscient du temps « dépensé » devant un appareil électronique.

Profitons du moment présent en temps réel. L'enregistreur numérique est inefficace dans la vraie vie. Malgré toutes ses frasques abracadabrantes pas toutes recommandables, Ferris Bueller l'a si bien dit dans le film culte des années 80 : « La vie passe tellement vite. Si tu ne t'arrêtes pas pour regarder autour de toi de temps en temps, tu pourrais la manquer. »

Carpe diem et bonne rentrée scolaire !

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