Il y a une vie après la violence

Nicholas Fontanelli, le conjoint de Samanta Higgins, a... (PHOTO OLIVIER PONTBRIAND, ARCHIVES LA PRESSE)

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Nicholas Fontanelli, le conjoint de Samanta Higgins, a été accusé du meurtre de celle-ci. Il arrive ici à sa comparution au palais de justice.

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Sylvie Schirm

Avocate, Sainte-Sophie

Samantha Higgins fut possiblement tuée par son conjoint, qui avait déjà eu des démêlés avec la justice. La triste histoire de Cheryl Bau-Tremblay est semblable, l'ami de coeur de cette dernière ayant déjà été accusé de voies de fait sur sa blonde antérieure et ayant des problèmes de consommation.

Je ne connais ni Samantha ni Cheryl, toutes deux assassinées cet été. Mais j'ai représenté beaucoup de femmes qui ont été victimes de violence conjugale, et plusieurs d'entre elles ont eu le courage et l'esprit de quitter leur conjoint violent. Et je suis certaine que ni Samantha ni Cheryl ne voulaient croire qu'elles pouvaient être tuées par leur conjoint et père de leurs enfants. Mais je suis persuadée qu'autant Samantha que Cheryl devaient le craindre. Elles connaissaient leur homme...

Je le sais, on le dit souvent. Mais il faut le répéter à toutes les femmes, et surtout aux femmes plus jeunes prises avec des chums violents, impulsifs, contrôlants.

Tu ne mérites pas d'être avec un homme violent. Jamais tu ne mérites de te faire rabaisser, insulter par ton partenaire et encore moins d'être frappée, et abusée physiquement et psychologiquement. Rien ne justifie d'endurer cet abus.

Et non, la venue d'un enfant ne va rien changer lorsque ton chum est violent et possessif. La situation va empirer, et non s'améliorer.

Et non, ce n'est pas parce qu'il t'a demandée en mariage qu'il est devenu plus fin, compréhensif, tolérant ou même romantique. Au contraire, le but est de mieux te contrôler. Et non, ce n'est pas juste les autres femmes dont les noms apparaissent dans les médias qui se font tuer par leur conjoint violent - toi aussi, tu pourrais être la prochaine statistique, la prochaine manchette d'un triste bulletin de nouvelles.

Peu importe ce que tu fais, peu importe comment tu l'abordes, peu importe la robe que tu portes, la couleur de tes cheveux, le tatouage de son nom sur ton bras ou le repas que tu lui prépares, peu importe que tu fasses taire les enfants pour ne pas le déranger, ou que tu acceptes de combler ses fantasmes sexuels, il ne changera pas et il ne cessera pas d'être violent.

Ce n'est pas une « erreur de jeunesse » qu'il ait eu des accusations criminelles antérieures. Ce n'est pas parce que son ancienne blonde est allée « le chercher » qu'il l'a frappée. Il est violent. Il est abusif. Tu ne le sauveras pas. Tu ne le changeras pas. Il va toujours trouver une façon de te contrôler, de te faire perdre à tout jamais ton estime de soi - bref, il va essayer de te détruire. Même lorsqu'il dit regretter, et surtout après les fleurs et les larmes de pardon et les mille et une excuses pour justifier son comportement, car c'est toujours la faute des autres.

Nous sommes en 2015 et il y a des ressources. Tu n'as pas à avoir honte. Tu n'es pas seule. On peut quitter un homme violent et abusif. Mais on doit préparer son départ et se protéger en le faisant afin d'éviter le pire. Mais c'est possible. Il y a une vie après la violence. Et il y a des hommes qui ne le sont pas et qui savent aimer et apprécier une femme.

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