La montée du conservatisme au Québec

Le premier ministre Harper lors d'un arrêt hier... (PHOTO CHRISTINNE MUSCHI, REUTERS)

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Le premier ministre Harper lors d'un arrêt hier dans les locaux d'une entreprise de Laval.

PHOTO CHRISTINNE MUSCHI, REUTERS

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Alexandre Meterissian

Consultant senior chez HATLEY Conseillers en stratégie

Il y a quelques mois, je discutais de politique fédérale avec des amis bien impliqués dans le milieu. Lors de notre conversation, il y a un consensus qui s'est rapidement dégagé : le Parti conservateur (PCC) n'avait aucune chance de percer au Québec. Certains disaient même, avec un petit sourire, que le parti allait peut-être perdre les cinq sièges qui lui restaient.

Force est de constater aujourd'hui que les choses ont bien changé. Selon des sondages, le PCC est deuxième au Québec. Vous avez bien lu : deuxième derrière le Nouveau Parti démocratique de M. Mulcair. Pour un prétendu bastion des progressistes, le Québec commence à montrer une recrudescence du conservatisme. M. Harper a même fait son annonce de début de campagne à Montréal, région qui n'a pas élu un candidat conservateur depuis l'ère Mulroney.

Mais cette remontée n'est pas une surprise pour plusieurs observateurs. Comme M. Harper aime bien le dire, les Québécois sont plus conservateurs qu'ils ne le pensent. Derrière la façade de la solidarité se cache un peuple entrepreneurial, qui croit entre autres à un système de justice équilibré, un gouvernement fédéral qui reste à l'intérieur de ses compétences constitutionnelles et un système d'immigration juste et équitable pour tous. Bref, toutes des valeurs bien alignées avec celles du Parti conservateur.

M. Harper et son équipe ont aussi été en mesure d'attirer toute une équipe de candidats. Nous n'avons qu'à penser à Gérard Deltell, vétéran de la politique québécoise, Alain Rayes, un des maires les plus populaires de la province, Pascale Déry et Réjean Léveillé, deux anciens journalistes bien connus de TVA et Éric Girard, le trésorier de la Banque Nationale du Canada.

Certains disent que nous pouvons juger un homme de par les gens qui l'entourent. Si c'est le cas, M. Harper passe le test avec la force et la compétence de son équipe.

Il est vrai que beaucoup de Québécois détestent M. Harper, surtout ceux qui habitent dans un certain arrondissement de Montréal. Mais pour la plupart des Québécois, il y a une certaine satisfaction du travail de son gouvernement qui a commencé à s'installer et qui a permis à M. Harper de faire des gains dans plusieurs régions de la province.

Cette longue campagne risque de nous réserver des surprises, et une bourde similaire à ce qui s'était produit en 2008 avec les coupes à la culture pourrait faire dérailler le mouvement conservateur, qui commence à prendre du galon. Cela étant dit, il est impressionnant de voir que, malgré les nombreuses campagnes de dénigrement des puissants syndicats et des groupuscules de gauche, les conservateurs sont toujours en position de causer une surprise au Québec le 19 octobre prochain.

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