À quand des robots pour s'occuper de l'économie ?

« Les années de bonne croissance [depuis que les... (Photo Mark Blinch, archives Reuters)

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« Les années de bonne croissance [depuis que les conservateurs sont au pouvoir] sont dues au pétrole albertain et aux besoins en matières premières des Asiatiques », estime l'auteur.

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Antoine Dallaire

Économiste, Montréal

Les élections approchent et la Banque du Canada baisse son taux directeur de 0,25 %. L'économie canadienne est sur le point d'entrer en récession, mais le Parti conservateur se vante de son bilan économique. Je rêve ou quoi ?

La croissance économique est au centre des débats politiques. Peu importe le parti, on essaie de nous vendre que cette équipe politique est la meilleure pour générer de la croissance économique. Est-ce vraiment le cas ?

Les conservateurs sont au pouvoir depuis plusieurs années. Dans l'opinion générale, leur bilan économique est relativement bon. Mais comment peut-on vraiment évaluer la valeur économique de cette formation politique ?Un bon gouvernement serait capable, dans la mesure du possible, de prévoir les coups et aurait une vision à long terme des points à travailler pour assurer une croissance forte et constante.

Peut-on dire que le Parti conservateur avait une vision intéressante ? Pas vraiment. Les années de bonne croissance sont dues au pétrole albertain et aux besoins en matières premières des Asiatiques. Tout cela était une heureuse coïncidence et personne n'avait rien mis en oeuvre pour profiter de cette manne. Elle est arrivée et on en a profité.

Par contre, un gouvernement visionnaire ne se serait pas assis là-dessus pendant 15 ans, sans rien faire.

Aujourd'hui, l'Alberta et le Canada se retrouvent en récession - même si on ne veut pas l'admettre encore à la Banque du Canada - à cause de la baisse du prix du pétrole et de la chute de la demande chinoise. Où sont passés les milliards de profit engendrés par le pétrole depuis le début du siècle ? A-t-on fait des investissements pour diversifier notre économie, pour former des gens dans des domaines connexes, pour faire de la recherche, pour créer un fonds générationnel ? La réponse est évidente : on a surtout utilisé cet argent pour faire des cadeaux politiques et asseoir notre pouvoir. Les Américains font mieux que nous dans un contexte économique semblable.

Triste de voir que l'Alberta est aujourd'hui en déficit après avoir profité des hauts cours du pétrole. Triste de voir le Canada entrer en récession avec sa population aussi endettée. Triste de voir que le gouvernement est maintenant si peu impliqué dans la formation de nos jeunes. On se désengage de l'éducation pour des raisons comptables. On n'encourage que très peu la formation des travailleurs. Un budget équilibré est loin d'assurer une solide croissance économique. Investir peut être payant, si on a un minimum de vision et un plan réfléchi.

Au provincial, quand je vois les libéraux nous vanter leur Plan Nord, je me demande s'ils ont vraiment une idée de ce qui se passe en Chine. Pourquoi investir dans ce qui était une bonne idée il y a 25 ans ? Il est trop tard, le monde bouge. La planète économique est de plus en plus complexe et nos dirigeants devront désormais être allumés pour permettre une croissance stable et soutenue.

N'en déplaise aux Denis Lebel, Stephen Harper et autres politiciens actuels, votre apport économique est très négligeable. Peu importe le parti ou la marionnette qui vous remplacerait, le bilan économique serait à peu près le même. La raison est simple, vous appliquez tous les mêmes vieilles recettes dépassées. Bonnet blanc, blanc bonnet ! Pourtant, vous essayez tous de nous faire croire qu'un vote pour vous assurera une croissance économique solide. Vous êtes au pouvoir et nous sommes toujours en récession, mais ce n'est pas de votre faute. Vous voulez le crédit quand ça va bien, mais aucun blâme quand ça va mal. Quand ça va mal, c'est contextuel. Mais est-ce la même chose quand ça va bien ?

À quand des robots qui dicteront la politique économique du pays ? Au moins, ils seront cohérents et nous n'aurons plus à entendre des politiciens nous parler de concepts qu'ils ne maîtrisent pas.

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