Un tournant décisif

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Les auteurs soulignent que les élections « marqueront la plus longue période de stabilité institutionnelle qu'Haïti a connue dans son histoire récente » et que « le processus aura un effet positif pour la sous-région, par la promotion du développement socio-économique et la stabilité régionale ».

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Hervé Ladsous et Jessica Faieta

Hervé Ladsous est secrétaire général adjoint aux opérations de maintien de la paix des Nations unies.Jessica Faieta est sous-secrétaire général, administratrice assistante et directrice du Bureau régional pour l'Amérique latine et les Caraïbes du Programme des Nations unies pour le développement.

Haïti va vivre un moment historique cet été. À partir du 9 août, quelque six millions d'Haïtiens choisiront 1280 représentants des administrations locales, 140 maires, 139 parlementaires, et enfin leur président, au cours d'un processus électoral à plusieurs étapes qui pourrait durer jusqu'à la fin de l'année.

Il n'a pas été facile d'arriver à ce stade du processus. Le peuple haïtien a attendu ces élections pendant trois ans et le Parlement est dysfonctionnel depuis janvier.

Haïti a fait des progrès considérables pour restaurer la confiance dans le processus politique et tenir ces élections à temps. Le conseil électoral, nommé en janvier, a été impressionnant dans sa prise en main de plusieurs tâches techniques, logistiques et financières difficiles, visant à assurer un processus crédible, transparent et inclusif. La loi électorale et le calendrier ont été promulgués en mars, la majorité des partis politiques ont présenté des candidats et la police nationale fait son travail pour garantir un environnement sûr durant ces élections.

La Mission de maintien de la paix des Nations Unies en Haïti, connue sous le nom de MINUSTAH, le Programme des Nations Unies pour le développement et d'autres partenaires des Nations unies ont investi des efforts considérables au cours de ces dernières années pour renforcer les capacités électorales nationales.

Beaucoup de travail a déjà été accompli, mais il reste encore beaucoup à faire pour achever un processus d'une telle amplitude et complexité.

Jusqu'à présent, les efforts conjoints des autorités nationales et des donateurs internationaux ont généré suffisamment de ressources pour financer le premier tour de scrutin. Nous ne pouvons pas nous arrêter en chemin. Nous lançons un appel à tous les partenaires internationaux d'Haïti pour qu'ils intensifient leurs efforts pour soutenir le pays au moment où, justement, il doit franchir la ligne d'arrivée de cette marche vers la paix et la stabilité. D'importantes contributions ont déjà été reçues, mais un manque crucial doit être comblé. Sans ce soutien, le bouclage du cycle électoral risque d'être compromis, ainsi que les progrès durement acquis.

Ces élections marqueront la plus longue période de stabilité institutionnelle qu'Haïti a connue dans son histoire récente. Ce sera la deuxième fois depuis 2006 qu'un président démocratiquement élu remettra le pouvoir à son successeur. Le processus aura un effet positif pour la sous-région, par la promotion du développement socio-économique et la stabilité régionale.

Alors qu'il est important pour les partenaires internationaux d'Haïti de continuer leur appui généreux au processus démocratique du pays, il est tout aussi crucial pour le gouvernement d'Haïti de le gérer correctement et de s'assurer que ses institutions ont la capacité adéquate de prendre pleinement en charge les élections.

Aujourd'hui, l'Organisation des Nations unies, le premier ministre haïtien, des représentants du gouvernement et les partenaires internationaux se rendent à New York. C'est une opportunité majeure pour réaffirmer notre engagement commun pour la consolidation de la démocratie en Haïti et notre solidarité avec les aspirations et les espoirs de progrès de son peuple.

Le peuple haïtien a lutté pendant des décennies pour consolider la démocratie dans l'île nation. En 1986, un soulèvement populaire a chassé le régime Duvalier. Aujourd'hui, en 2015, il y a plus de 38 000 candidats uniquement pour les élections locales. Une ardente démocratie est bel et bien vivante en Haïti et le peuple haïtien reconnaît que la gouvernance est de la responsabilité de chacun.

Partout dans le monde, dans les pays où la démocratie, la bonne gouvernance et le respect de la primauté du droit sont la norme, le pouvoir politique est contesté par des moyens pacifiques et démocratiques. Les citoyens adoptent des méthodes pacifiques et démocratiques pour résoudre les problèmes auxquels ils sont confrontés. Le dialogue et la tolérance deviennent la règle du jeu. Haïti, une des plus anciennes démocraties du monde, est prête pour cette transition et mérite tout notre soutien.

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