Comme un chien dans un jeu de quilles

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« Nous n'empruntons plus certains sentiers tant les chiens les ont envahis », dénonce Geneviève Madore.

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Geneviève Madore

Ottawa

L'auteure réagit à la chronique de François Cardinal « Le meilleur ami de l'homme, vraiment ? », publiée le 27 juin.

Adeptes de camping, nous fréquentons en famille quelques fois par année les parcs de la SEPAQ.

Cette activité nous permet de prendre une saine distance de tous les irritants potentiels associés à la ville et de voir des espèces sauvages dans leur milieu naturel.

Le reste de l'année, combien de fois pestons-nous, dans ces ersatz de nature que sont nos sentiers récréatifs, contre les cyclistes sonneurs compulsifs, les troupeaux de bernaches en voie de devenir un problème de santé publique, voire les conducteurs de « e-bike » profanant un lieu supposément sans pollution.

Et il y a les chiens. Parfois laissés sans laisse, autant dans nos espaces verts que sur les sentiers, par des maîtres qui négligent de les ramener à l'ordre. On peut également voir leurs vestiges, abandonnés bêtement sur le trottoir ou emballés dans des sacs remplissant nos poubelles publiques. Nous avions d'ailleurs surnommé un parc près de chez nous « parc à la crotte » tant les déchets odorants y étaient omniprésents et rendaient le banc adjacent inutilisable.

Les chiens sans laisse peuvent aussi décider de courir aux trousses d'un joggeur, de se mettre dans les roues d'un vélo ou d'aboyer contre une planche à roulettes. De fait, nous n'empruntons plus certains sentiers tant les chiens les ont envahis. S'ils sont absents des sentiers des parcs nationaux québécois, ils sont bel et bien présents dans nos sentiers urbains, boisés ou non. Mais ce sont là les aléas de la cohabitation urbaine.

PAS DANS LES PARCS

Il en est tout autrement des parcs de la SEPAQ, qui sont un milieu naturel. Si les chiens sont admis dans les parcs de la SEPAQ, comment savoir la manière dont ils se comporteront avec leurs congénères et avec une forte concentration d'êtres humains de tous les âges circulant à pied, en poussette ou en vélo ? Aboieront-ils ou gémiront-ils tôt le matin pour se promener ou, tard le soir, lorsqu'ils sentiront un raton laveur sur l'emplacement de camping ? Faudra-t-il surveiller nos enfants ? Car si le maître connaît et tolère bien son chien, les autres n'auront peut-être pas la même inclination.

Y aura-t-il des altercations entre chiens ? Et comment les chiens interagiront-ils avec les animaux sauvages ? À ce sujet, combien de fois avons-nous eu le bonheur de voir des faons, des ratons laveurs et autres petits mammifères en marchant dans les sentiers ? La présence de chiens qui, instinctivement, voudront les chasser les feront sûrement fuir.

Enfin, comment être certains que les maîtres feront preuve de suffisamment de civisme pour maintenir la propreté des lieux ?

Et s'il y a civisme, où les propriétaires de chiens déposeront-ils les déchets ?

Certes, ces canidés nous rendent de fiers services, ce pour quoi d'aucuns leur confèrent le statut de membres de la famille. Ces « meilleurs amis de l'homme » provoquent un sentiment d'attachement, voire de dépendance affective chez le maître attendri qui croit que tous partageront son engouement. Mais il faut se rappeler que certains chiens au comportement irréprochable peuvent mal réagir à une situation imprévue.

À moins de faire subir aux toutous de rigoureux tests d'admission, on peut présumer que les risques de désagrément seront élevés. J'espère que la SEPAQ n'autorisera pas les chiens sur son territoire. Elle perdrait plus de clients qu'elle en gagnerait. Le chien est une espèce domestiquée dont bon nombre d'individus sont accoutumés à un milieu urbain et contrôlé. Je comprends la SEPAQ de vouloir augmenter sa clientèle, mais il existe sûrement d'autres moyens de le faire qu'en accueillant les chiens. Il reste à souhaiter que les libertés individuelles n'empiètent pas une fois de plus sur le bien-être de la majorité.

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