Protéger l'incompétence

« Si l'éducation était importante pour les syndicats, ils... (Photo Thinkstock)

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« Si l'éducation était importante pour les syndicats, ils ne seraient pas contre l'évaluation des enseignants, ils ne seraient pas contre un ordre professionnel », dénonce l'auteur.

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Gilbert Ouellet

Retraité, Laval

Dimanche midi, autour de la table du dîner de la fête des Pères, la conjointe de mon fils, qui est une orthopédagogue très compétente et respectée à Laval, nous racontait comment les postes d'enseignants étaient remis en question et attribués par ancienneté chaque année.

Elle donnait plusieurs exemples de cas où des enseignants incompétents et paresseux choisissaient par ancienneté leur poste pour l'année prochaine.

Comme dans le cas de Mme X, de la chronique de Patrick Lagacé (« Si l'éducation était importante (5), 22 juin »), un enseignant connu depuis plusieurs années pour son absentéisme chronique, son absence totale d'intérêt et d'implication pouvait déplacer (« bumper ») une enseignante compétente et estimée et lui prendre son poste parce qu'il avait plus d'ancienneté. Il disait en somme : « Ça me tente d'essayer ça. » Bref, il cherche la facilité, prend le poste de quelqu'un d'autre, puis s'absente continuellement.

Lorsque la conjointe de mon fils parle de compétence dans les réunions, elle se fait rabrouer joyeusement par le groupe. Le seul critère qui importe est l'ancienneté.

Si l'éducation était importante pour les syndicats, ils ne seraient pas contre l'évaluation des enseignants, ils ne seraient pas contre un ordre professionnel. Ils ne protégeraient pas à tout prix les cas d'incompétence flagrante.

Si Mme X est une déléguée syndicale, on peut se demander sur quels critères elle a été choisie. Je gagerais que les syndicats exigent certaines aptitudes pour ces postes et qu'ils ne les accordent pas par ancienneté. Si elle a été choisie par ses pairs, on peut se questionner sur la culture de l'ensemble des enseignants qu'elle représente.

Les syndicats font des manifestations prétendument pour défendre la qualité de l'enseignement. Ils ne défendent que leurs intérêts corporatifs. Ils utilisent des enfants et des parents pour aller au front armés de leurs pancartes. Sots, sots, sots ceux qui croient que les syndicats ont à coeur les enfants et leur éducation.

De leur côté, face aux conventions collectives blindées que les délégués font appliquer à la lettre, les gestionnaires ont abdiqué. Pourtant, dans un cas comme celui de Mme X, un dossier disciplinaire peut être monté et des mesures peuvent être appliquées. Le syndicat fera un grief ? Qu'il en fasse un ! Les gestionnaires doivent établir des limites.

Si la qualité était là, mon fils et sa conjointe enseignante au public n'enverraient pas leurs enfants au privé au prix d'énormes sacrifices. C'est déjà le cas pour la plus vieille et les deux autres prendront le même chemin au secondaire.

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