Les avions et nous

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L'auteur estime que les inconvénients reliés au voyagement par avion devraient inciter les gens à voyager localement, plutôt que de se rendre à l'international.

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Pascal Grenier

Simplicitaire, Québec

Mentionnons d'abord qu'aborder les problèmes reliés aux voyages en avion est une opération risquée. En effet, beaucoup de gens prennent l'avion et remettre en cause cette pratique peut créer, chez plusieurs, un sentiment de culpabilité se traduisant par un mouvement de défense. Toutefois, considérant les effets environnementaux graves que provoque cette activité, il est impératif de conscientiser les gens qui en font usage.

Chaque seconde, un avion décolle quelque part sur la planète, ce qui se traduit par environ 85 000 vols par jour. Même si on a augmenté l'efficacité des avions en réduisant leur consommation de carburant, c'est une des sources de pollution qui connaît la plus forte croissance, soit 5 % par année.

Si rien n'est fait, le trafic aérien pourrait plus que tripler d'ici 30 ans, provoquant une situation insoutenable pour le climat de la planète.

Selon la Fondation Nicolas Hulot, « l'aviation est, de tous les modes de transport, le plus émetteur de gaz à effet de serre. Le nombre de polluants émis par les avions sont nombreux : NOx, CO, HC, composés organiques volatils (COV), SO2, suies et vapeur d'eau ». Selon le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évaluation du climat (GIEC), « la contribution de l'aviation aux émissions globales des gaz à effet de serre est estimée à 3 %, mais cet impact est de 2 à 4 fois plus important en comptant l'ensemble des paramètres ».

Pourtant, voyager en avion présente des exigences considérables et de nombreux irritants, telle la nécessité de combattre le stress associé à la dangerosité, aux horaires, à la limitation et perte de bagages, aux fouilles à la douane, au mal de l'air, à l'immobilité pendant de longues périodes, au décalage horaire, à l'expansion des gaz, à l'obligation de se procurer un passeport et parfois un visa, à se faire vacciner, à prendre une assurance médicale et finalement aux problèmes associés aux langues et monnaies étrangères et au coût des billets.

Il existe un certain nombre de solutions de rechange, comme prendre ses vacances plus localement, voyager moins loin, faire des voyages plus longs et moins fréquents, « visiter » sans se déplacer en écoutant des reportages, conférences et films.

Bien que les voyages à l'étranger représentent un désir légitime de culture, de détente et d'épanouissement, cette activité doit être parfois remise en cause si on considère la pollution qu'elle crée et les statistiques qui en prévoient une véritable explosion.

Avoir les moyens financiers de voyager ne devrait pas être un critère déterminant. Chacun doit décider en pleine conscience et responsabilité de prendre ou non l'avion.

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