Notre pays est malade

Peu importe l'angle abordé, les relations avec les... (Photo Sean Kilpatrick, archives La Presse Canadienne)

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Peu importe l'angle abordé, les relations avec les Premières Nations doivent changer et évoluer, estiment les auteurs des deux textes présentés ici.

Photo Sean Kilpatrick, archives La Presse Canadienne

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JEAN-YVES LEPAGE

Ex-travailleur du secteur minier

Ce racisme me fatigue. Au début des années 70, j'ai travaillé sur le chantier de la baie James, où est localisé le peuple cri. Ces gens étaient inondés par les Blancs venus de partout sur un territoire qui ne leur appartenait pas, encouragés par un gouvernement qui voulait créer 100 000 emplois. Vous souvenez-vous de cela ?

Du milieu des années 70 jusqu'en 2007, j'ai travaillé pour une société minière à Sept-Îles qui exploite un chemin de fer et une mine dans le Nord. Encore ici, plusieurs autochtones travaillaient, mais noyés par des Québécois, des Italiens et autres immigrants. Je n'ai observé que du mépris pour les Innus.

Savez-vous que le train qui nous transportait de Sept-Îles à Schefferville ou à Carol Lake était composé de wagons pour les Innus et de wagons pour les autres ?

Deux fois par semaine, de plus, ce train avec wagons pour les Innus et les autres faisait la navette entre ces points du Nord. Le personnel responsable du train, composé que de Blancs, était extrêmement raciste.

Ma région par adoption depuis 40 ans a des difficultés avec les Innus. On ne naît pas raciste ; les parents transmettent leurs valeurs à leurs enfants qui les transmettent à leur tour. Nous, les Blancs, avec nos grands sabots, avons pris tout l'espace sans demander et avons « parqué » les Premières Nations dans des lieux dits « réserves », avec peu ou pas de moyens.

Alors, voilà pourquoi, de temps à autre, on apprend qu'un « Indien », quelque part, a transgressé la loi, ou bien qu'à Montréal, des « Indiens » sont indigents et tentent par des moyens artificiels d'oublier.

De l'espoir de John A. Macdonald d'assimiler tous les « Indiens » en les kidnappant tout jeunes pour les mettre en pension dans des écoles de Blancs à aujourd'hui, peu de progrès a été fait pour assurer une meilleure vie à ces gens qui, au départ, étaient propriétaires de ce bout de territoire, de l'Atlantique au Pacifique !

D'une certaine manière, nous maltraitons nos personnes âgées et les personnes démunies. On parle d'aider la classe moyenne, mais ceux sous cette classe, que leur arrive-t-il ?

Notre pays est malade et personne ne le voit, sinon à coup de rapports tablettés qui enrichissent des « experts ». Sommes-nous vraiment différents des autres pays ?

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