Abolir les élections... et les commissions !

Retraité du milieu de l'éducation, l'auteur propose d'abolir... (PHOTO IVANOH DEMERS, ARCHIVES LA PRESSE)

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Retraité du milieu de l'éducation, l'auteur propose d'abolir les commissions scolaires et d'octroyer une plus grande autonomie aux écoles.

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Louis Dion

Retraité de l'éducation, Saint-Jérôme

M. le ministre François Blais,

Félicitations pour votre intention d'abolir les élections scolaires. Pourquoi ne pas en profiter pour remettre en question la taxe foncière comme moyen de financer l'éducation, taxe illogique et inéquitable ? Une augmentation de la TVQ mettrait toute la population à contribution, l'éducation concernant tous les citoyens.

Pourquoi ne pas aussi en profiter pour tout simplement abolir les commissions scolaires ? Il faudra en tout cas résister à la tentation des fusions. Car nous connaissons maintenant les limites du concept d'économie d'échelle par les fusions de certains organismes. Nous l'avons constaté avec les municipalités ; il ne faudrait pas reproduire les mêmes erreurs avec les commissions scolaires. Il faudrait d'ailleurs se poser la question de l'existence même d'organismes décisionnels intermédiaires entre les conseils d'établissement des écoles et le ministère de l'Éducation.

La situation des écoles privées est révélatrice : elles relèvent directement du ministère (sans structure intermédiaire) et le coût par élève y est de 20 à 25 % inférieur à celui du secteur public. Vous aurez raison de mentionner que le réseau public fait face à des contraintes particulières auxquelles ne sont pas soumises les écoles privées : organisation du transport scolaire, répartition des élèves entre diverses écoles, organisation de services pour des clientèles particulières, etc. 

Je crois qu'une structure intermédiaire légère pourrait se charger de coordonner divers services, laissant les écoles relever, avec beaucoup d'autonomie, directement du Ministère.

Certains services pourraient même être assumés par les municipalités (ex. : entretien des équipements). Ce rôle de structure intermédiaire aurait pu être dévolu aux bureaux régionaux qui ont été abolis avant que l'on réfléchisse en profondeur à la question de la gouvernance des écoles. Votre intention de faire une plus grande place aux parents est intéressante. Mais, à mon avis, il faudrait éviter le modèle des CPE, où le contrôle est exercé par les usagers.

L'ART DU POSSIBLE

Pour éviter toute forme de conflits d'intérêts, les conseils d'établissement, en plus des parents et de représentants du personnel, devraient inclure des personnes de la communauté extérieures à l'école. Je ne crois pas que les usagers et les membres du personnel soient les mieux placés pour exercer une gestion financière rigoureuse de fonds provenant du gouvernement. Et ces conseils devraient s'adjoindre des retraités de l'éducation qui, forts de leur expérience, pourraient y jouer un rôle utile.

Mais je sais qu'on devra se contenter de solutions beaucoup moins radicales, bien que fort pertinentes, car la politique n'est que l'art du possible, malheureusement, comme vient de le démontrer votre collègue Gaétan Barrette. Or, rien n'empêche de faire tout son possible pour apporter des changements significatifs et durables.

Bon succès, monsieur le ministre !

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