Le diable consulte au privé

L'entrepreneuriat privé dans le domaine de la santé... (PHOTO IVANOH DEMERS, ARCHIVES LA PRESSE)

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L'entrepreneuriat privé dans le domaine de la santé a trop mauvaise presse au Québec, ce qui empêche la population d'obtenir des services acceptables, écrit Jean-François Caron, médecin et copropriétaire de la clinique Humani.

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Jean-François Caron

Médecin, copropriétaire  de la clinique médicale Humani, Rosemère

Plus de 50 % du budget, voilà ce que représentent les dépenses en santé au Québec. Celles-ci pèsent lourdement sur notre État, paralysant plusieurs autres dépenses pourtant nécessaires à l'évolution d'un peuple, comme l'éducation et la culture. Les mesures de rigueur budgétaire, appelées mesures d'austérité, auraient-elles existé si le Québec contrôlait ses dépenses en santé ? Laissez-moi en douter.

Une population en santé est un rouage essentiel pour le bien-être d'une collectivité. La plupart des pays de ce monde comprennent qu'il est primordial d'offrir des soins de santé de qualité à leur population, axés sur la disponibilité de la main-d'oeuvre, leur compétence et leur proximité. Est-ce que le Québec réussit tout cela ? Sincèrement, je ne crois pas.

Il me paraît toujours surprenant, contrairement à plusieurs autres populations, que le Québec utilise aussi peu ses ressources entrepreneuriales en santé. Le privé ne peut pas survivre sans la satisfaction de sa clientèle. Imaginez si vous attendiez, par exemple, six heures dans une pharmacie pour obtenir vos médicaments. Jean Coutu aurait fait faillite plusieurs fois !

Je suis moi-même un entrepreneur en santé. Ma clinique est effectivement privée, mais elle est axée sur les besoins de la clientèle en premier lieu. Nous sommes ouverts le soir et les fins de semaine. 

Nous rappelons les patients habituellement la même journée et tentons de régler les problèmes rapidement.

De plus, n'oublions pas que le gouvernement ne paie pas mon salaire, mes infirmières, mes appareils informatiques et mes consultations. L'argent ainsi économisé, je l'espère, est redistribué dans le système public avec lequel j'ai le plaisir de travailler pour le bien-être de mes patients.

Par contre, la médecine privée fait peur. On l'affuble de qualificatifs peu flatteurs, comme médecine à deux vitesses, réservée aux riches, etc.

Pourtant, en éducation (un domaine aussi important que la santé), les écoles privées et publiques coexistent. N'est-ce pas alors hypocrite d'interdire un système semblable pour la santé ?

Les fondamentalistes de la gratuité complète en santé vous le diront : point de salut hors du système public. Occupant un fort espace médiatique au Québec, ces apôtres de la Vérité nous incitent souvent à la pensée unique, à la diabolisation du privé et à des raccourcis intellectuels. Ils oublient souvent de dire que chaque acte posé en santé a un coût et que chaque personne doit être conscientisée et responsable de la bonne utilisation des ressources du système public.

La carte-soleil n'est pas une carte gratuite, elle est une carte de crédit collective déjà pleine et soumise à un taux d'intérêt élevé. À force d'éviter de collaborer avec l'entrepreneuriat en santé, le Québec tient en otage sa population avec un monopole lourd à soutenir à moyen et à long terme.

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