Désinvestir dans notre avenir

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Matthieu Bruneau, Vincent-Olivier Dompierre-Quinn, Isabelle Girard-Meunier, Martin Leduc, Éliane Pion, Marc Therrien

Membres du comité de rédaction de l'Association des étudiants et étudiantes en sciences économiques de l'Université de Montréal

Alors que le gouvernement Couillard se targue d'agir pour la saine gestion des finances publiques, l'Association des étudiants et étudiantes en sciences économiques de l'Université de Montréal (AÉÉSÉUM) tient à lui rappeler qu'il ne détient pas le monopole de la raison économique.

En effet, une majorité des membres de l'Association, en assemblée générale, ont souhaité dénoncer le désinvestissement dans le réseau universitaire québécois, ainsi qu'appuyer les associations et mouvements qui revendiquent de façon légitime le rétablissement du financement.

D'abord, le désinvestissement nous affecte tous et toutes de façon directe et indirecte. Les compressions dans le dernier budget, non chiffrées pour l'instant, s'ajoutent à celles de plus de 200 millions en 2014 pour l'ensemble du réseau, dont 27 millions à l'Université de Montréal. Pour notre département, elles se traduisent par une diminution d'embauches de professeurs, par des cours obligatoires offerts uniquement en ligne et par une réduction de l'offre globale de cours.

Considérant que la transmission du savoir est favorisée par la proximité entre les étudiants et les professeurs, on peut conclure par le précédent exemple que la somme de ces mesures sur l'ensemble du réseau universitaire réduit considérablement la qualité de l'éducation québécoise.

Par ailleurs, alors que le gouvernement prétend défendre les générations futures par l'équilibre budgétaire, les compressions choisies aggravent au contraire leur situation. À long terme, les restrictions financières effectuées dans les programmes scientifiques et en recherche hypothèquent leur capacité à faire face à divers problèmes, tels les changements climatiques et les enjeux de santé publique. Pour les domaines artistiques et culturels, les mesures amenuisent la diversité et la richesse du patrimoine collectif, source de divertissement et de réflexion.

D'autres solutions sont possibles

Sans infliger de telles compressions, des alternatives viables et efficaces existent pour rétablir l'équilibre budgétaire. Par exemple: accentuer la lutte à l'évasion fiscale et à la corruption; favoriser l'écofiscalité, qui permet de capter les coûts-bénéfices véritables de certains comportements (en tenant compte des effets sur l'environnement); réévaluer la pléthore de crédits d'impôt offerts aux entreprises; taxer certains produits de luxe; considérer véritablement les logiciels libres dans les appels d'offres en informatique; suivre les recommandations du dernier rapport du Commissaire à la santé, qui rappelle l'urgence de réduire les coûts des médicaments. Pour référence, certaines de ces mesures sont défendues et étayées dans le Rapport Godbout.

Parallèlement, le gouvernement ne semble pas se soucier des coûts étatiques associés à la répression policière des mouvements manifestant légitimement leur opposition aux compressions.

Comment peut-on justifier autant de compressions tout en envoyant dans les manifestations un nombre disproportionné de policiers par rapport au nombre de manifestants, et ce, sans compter les coûts judiciaires et médicaux subséquents? Il ne faut surtout pas oublier que manifester est un droit fondamental.

En définitive, n'est-il pas incohérent qu'en à peine trois ans, un gouvernement qui décriait un sous-financement dans les universités se permette maintenant d'y faire des compressions? N'est-il pas aussi absurde, comme le fait le gouvernement, d'affirmer que les problèmes budgétaires sont structurels, puis d'appliquer des compressions qui ne visent pas ladite structure des dépenses?

Le gouvernement ne serait-il pas en train de mettre en péril le bien-être de la société afin de maximiser ses chances de réélection en repoussant les mesures de stimulation économique pour l'horizon 2017-2018?

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