Pour un État plus productif

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Claude Garcia

Ancien président de la Standard Life et ex-membre du C.A. de la Caisse de dépôt

Les syndicats du secteur public québécois ont commencé leurs grandes manoeuvres afin de faire reculer le gouvernement Couillard qui souhaite redresser les finances publiques du Québec et rendre notre économie plus compétitive. Cette stratégie a déjà fonctionné par le passé; il ne faut donc pas se surprendre outre mesure que l'on récidive.

Les dirigeants syndicaux serviraient mieux l'intérêt public s'ils acceptaient plutôt de trouver des façons d'augmenter la productivité dans le secteur public. C'est possible si on en juge par les progrès d'Hydro-Québec à ce chapitre depuis quelques années.

Dans une étude publiée en février 2009, nous avons démontré que les effectifs de la société d'État étaient beaucoup plus importants que ceux d'entreprises de taille comparable engagées dans la production, le transport et la distribution d'électricité. Hydro-Québec comptait un employé pour 166 clients tandis que les 10 sociétés avec lesquelles on la comparait servaient en moyenne 295 clients avec chaque employé. L'obésité d'Hydro-Québec gonflait ses frais d'exploitation de plus d'un milliard par année, ce qui réduisait d'autant son bénéfice.

La direction et les représentants syndicaux d'Hydro-Québec ont accueilli cette démonstration avec scepticisme. Mais le ministre des Finances, en préparant son discours du budget de mars 2010, y a vu une source de revenus additionnels pour l'État. Il a demandé à Hydro-Québec de réduire ses dépenses de 250 millions sur trois ans. Le nouveau gouvernement a demandé un renouvellement de cet effort dans le discours du budget de l'automne 2012.

La situation en 2015

Où en sommes-nous cinq ans plus tard? Hydro-Québec a réduit ses effectifs de 3600 personnes depuis le 31 décembre 2009 tout en respectant ses conventions collectives, qui prévoient que les employés permanents ont la sécurité d'emploi. La réduction de personnel n'a pas empêché Hydro-Québec de servir 220 000 clients de plus au 31 décembre 2014. Chacun de ses employés prend maintenant soin de 209 clients alors que ce ratio était de 166 clients au moment de notre étude.

En cinq ans, Hydro-Québec a comblé le tiers de l'écart de productivité qui existait entre elle et les 10 sociétés auxquelles nous l'avons comparée en 2009. Sans ces gains cumulatifs de productivité, on estime que la société d'État aurait encouru 350 millions de plus en dépenses d'exploitation en 2014.

Si Hydro-Québec a démontré qu'il était possible de faire mieux, pourquoi ne serait-il pas pensable d'en faire autant dans le reste du secteur public québécois, qui compte des effectifs 25 fois plus importants que ceux d'Hydro-Québec?

Une plus grande productivité du secteur public nous permettrait d'équilibrer nos finances sans mettre en danger nos programmes sociaux. C'est une voie plus prometteuse pour assurer la prospérité du Québec que les propositions qui veulent que l'on augmente encore davantage les impôts des Québécois qui sont déjà les plus taxés en Amérique du Nord. Une augmentation du fardeau fiscal aura l'effet inverse de celui recherché; elle affaiblira encore davantage son économie et ne redressera pas les finances publiques.

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