Il est temps de remettre Postes Canada à sa place

Le maire de Montréal, Denis Coderre, trouve cavalière... (Photo Patrice Laroche, archives Le Soleil)

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Le maire de Montréal, Denis Coderre, trouve cavalière la façon dont Postes Canada a décidé d'abandonner la livraison du courrier à domicile, obligeant les citoyens à se déplacer vers des boîtes postales.

Photo Patrice Laroche, archives Le Soleil

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Denis Coderre

Maire de Montréal

L'auteur réagit à l'éditorial d'André Pratte, «Une croisade néfaste», publié mardi.

Alors, M. Pratte trouve «futile et néfaste» la mobilisation du monde municipal contre la décision de Postes Canada de mettre fin à la distribution du courrier à domicile.

Vraiment?

Je ne crois pas qu'il soit futile et néfaste pour une administration municipale de s'opposer à une mauvaise décision, une décision improvisée qui va à l'encontre du bien-être de ses citoyens, particulièrement des plus vulnérables.

Si M. Pratte n'est pas convaincu que la livraison du courrier à domicile est un service essentiel, je lui suggère de demander aux personnes âgées ce qu'elles en pensent, elles qui devront affronter des températures glaciales pour récupérer leur courrier dans des boîtes postales «communautaires».

On peut comprendre que Postes Canada veuille réduire ses activités pour des raisons budgétaires, mais cela ne justifiera jamais l'abandon pur et simple d'un service que nous considérons essentiel.

Lorsqu'on gère un service public, on a la responsabilité de tenir compte des besoins du public.

Or, justement, l'approche unilatérale et dogmatique de Postes Canada est indigne d'un service public.

Une approche marquée par une consultation «bidon» (dixit François Cardinal), qui a pris la forme d'un sondage aux questions scandaleusement orientées. Je partage l'avis de votre chroniqueur: Postes Canada s'est moqué de nous.

Il est vrai que ce n'est pas aux élus municipaux à gérer le service postal. Mais en tant que gouvernement de proximité, il est de notre devoir d'aller sur la place publique lorsque les intérêts de nos citoyens sont bafoués.

Quand on n'a aucun compte à rendre à la population, on peut se permettre d'agir aussi cavalièrement que Postes Canada l'a fait. Il est plutôt révélateur que la seule consultation publique digne de ce nom ait été tenue par une commission relevant du conseil municipal de Montréal.

Lors de ces consultations, les citoyens nous ont fait part de préoccupations légitimes sur la diminution de la valeur de leur propriété, sur les problèmes de déneigement, de circulation et de sécurité que provoquera l'implantation de milliers de boîtes postales dans les secteurs densément peuplés. Il aurait été pertinent que Postes Canada les entende.

Preuve ultime de l'improvisation dont tout ce projet est teinté, l'obligation pour les personnes à mobilité réduite de fournir un billet de leur médecin pour continuer à recevoir leur courrier chez elles. On nage dans l'absurdité!

Le monde municipal ne restera pas les bras croisés. Voilà pourquoi nous joignons la bataille juridique entamée par le Syndicat des travailleurs et travailleuses des postes et que nous évaluons les moyens légaux pour stopper cette décision.

En parlant ainsi d'une seule et même voix, les élus municipaux prennent leurs responsabilités à titre de représentants de la population. Il est temps que le gouvernement canadien fasse de même et remette à l'ordre Postes Canada, une société de la couronne qui appartient, faut-il le rappeler, à tous les Canadiens.

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