Que les vrais changements commencent !

Gaétan Barrette... (Photo Patrice Laroche, Le Soleil)

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Gaétan Barrette

Photo Patrice Laroche, Le Soleil

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Denis Soulières

Hématologue et oncologue médical, CHUM

La loi 10 sur la réforme du système de santé est maintenant adoptée. Le ministre Barrette doit désormais faire preuve de leadership pour remodeler le réseau.

Tout semble avoir été dit en ce qui a trait à la loi 10, mais on sait seulement que les agences régionales seront abolies et que d'autres structures seront formées.

Le problème de base demeure donc entier. Quelle quantité de soins sera offerte et comment ? Le ministre, malgré son omnipotence, est à la tête d'un ministère qui ne sait pas jouer son rôle. Dans la plupart des sphères de la médecine, le Québec ne sait pratiquement rien en ce qui concerne le nombre de patients souffrant de pathologies spécifiques.

Les réformes antérieures n'ont rien réglé à cet égard. Tout au plus, la création d'agences, de régies et de mégahôpitaux a été un acte de déresponsabilisation du ministère vers d'autres instances qui ont un rôle général, mais un budget limité. Cela doit changer si l'on veut permettre au Québec de profiter d'un système de santé à la fine pointe et performant.

Le ministre devrait définir le niveau et le type d'activité de chaque lieu de soins.

Par exemple, il devrait réunir les activités très spécialisées, comme les greffes de moelle allogénique, dans un ou deux centres seulement, plutôt que de les éparpiller partout dans le réseau. Ce faisant, il donnerait à ces centres une enveloppe budgétaire spécifique et une obligation de résultat. Visiblement, puisque le ministère n'a qu'une idée bien minimale des réels besoins de la population, ce contrat devrait être ajusté aux besoins réels constatés.

De façon corollaire, ce centre devrait annuellement définir les soins qu'il souhaite offrir en fonction de l'avancement des connaissances médicales et aussi démontrer l'efficacité des soins prodigués. Les ressources nécessaires devraient dont être approuvées par le ministère. Ainsi, ultimement, c'est le ministre qui serait responsable de l'assiette de soins que le gouvernement accepte de financer et d'offrir à la population du Québec.

Changer les pratiques

Il ne suffit pas de faire de la médecine et de donner des traitements, il faut aussi démontrer que leur application donne les résultats escomptés. Il est généralement reconnu en médecine que la concentration de certains soins spécialisés permet l'amélioration de leur qualité. L'expertise vient non seulement des médecins, mais de toute l'équipe. Il est improductif de disperser les soins dans tous les hôpitaux qui désirent les offrir. Ainsi, en fonction des résultats obtenus, le ministère pourra décider de la pertinence de maintenir ces soins ou de les offrir dans certains hôpitaux spécifiquement en fonction de leur rendement.

Le budget de chaque hôpital est limité et devrait remplir des objectifs de santé définis par le ministère, ce qui n'a jamais été fait de façon adéquate. S'il le veut, le ministre pourrait mettre son ministère à l'oeuvre pour qu'il négocie avec chaque hôpital le type et la quantité de chaque type de soins. L'exercice ne sera pas parfait au début, mais il est possible de le faire si on se donne la peine de changer les pratiques du ministère.

La loi 10 ne définit malheureusement pas ce que l'avenir nous réserve. Elle donne seulement au ministre une occasion de faire des compressions qui risquent de déstabiliser indûment un réseau qui fonctionne de façon erratique. Le ministre doit se servir de cette occasion pour redéfinir le mandat de chaque établissement et de se rendre personnellement imputable de la totalité des soins offerts à la population et de la qualité des services donnés.

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