Tous nos colocs!

Les besoins des sans-abris sont les mêmes que... (Photo Robert Skinner, archives La Presse)

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Les besoins des sans-abris sont les mêmes que ceux des consommateurs qui leur passent au-dessus de la tête, les bras chargés d'emplettes futiles et inutiles.

Photo Robert Skinner, archives La Presse

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Marie-Josée Bergeron

Gestionnaire (en loisirs), Boucherville

Il est désormais assuré que 2015 sera une année difficile pour la majorité des Québécois. Plusieurs classes de citoyens seront touchées par cette diète économique, mais je suis particulièrement interpellée par le quotidien des sans-abris.

Vous me direz qu'ils ne sont pas salariés. J'avais noté. Leur sort n'en sera que plus délicat.

Primo, il y aura de plus en plus de gens qui joindront leurs rangs, à cause des pertes d'emplois.

Secundo, la population, pas toujours sensible à leur cause, le sera encore moins: «Si nous, on se serre la ceinture, on ne va pas donner à ces paresseux, qu'ils se prennent en mains après tout!»

Tertio, les ressources pour les soutenir ne seront pas augmentées, tant s'en faut. N'était-il pas censé créer de la richesse, notre bienveillant gouvernement? On repassera.

Des gens comme nous

Après une expérience exceptionnelle auprès de Nathalie, Hector et James, des gens sans domicile fixe ou temporaire, je vous affirme qu'ils sont intelligents, ouverts, respectueux, généreux à l'égard de leurs semblables, sensibles, souriants, chaleureux, drôles et j'en passe. Comme la plupart d'entre nous.

En m'adressant à eux, je leur ai dit: bonjour madame, bonjour monsieur. Ils étaient surpris, émus. Pourtant c'est ce qu'ils sont, des dames et des messieurs qui cheminent autrement et qui n'ont pas de répit. Leur temps est consacré à l'organisation de leur survie. C'est ainsi que je les vois.

Lorsqu'on s'assoit avec eux pour s'intéresser à leur vie, à leur histoire et à leurs rêves, ils sont comme nous. Et surtout, ils deviennent des contribuables. Ils contribuent à nous rappeler que la vie n'est pas juste envers tous. Que les mêmes potentiels ne sont pas offerts à tous. Et que leurs besoins sont les mêmes que ceux des consommateurs qui leur passent au-dessus de la tête, les bras chargés d'emplettes futiles et inutiles.

Nous ne devons pas faire fi de ce qu'ils vivent ni nous y habituer. Ce serait les abandonner encore une fois. Gandhi disait: «Vivons simplement pour que d'autres puissent simplement vivre.» Je souhaite profondément que l'austérité annoncée, puisqu'elle est inévitable, provoque un retour aux valeurs communautaires, de compassion et d'amour. Qu'elle nous incite à poser notre regard sur tous ceux qui sont nos colocs sur cette planète. À tenter de vivre en toute conscience: une conscience globale. À redécouvrir notre plus grande richesse: les êtres humains. Et, surtout, à reconnaître leur valeur unique et à les traiter avec la considération qui leur revient de droit.

À vous tous, mes colocs, une année remplie d'amour!

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