De fausses économies

L'augmentation du nombre d'élèves par classe coûtera cher... (Photo Thinkstock)

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L'augmentation du nombre d'élèves par classe coûtera cher à l'État, estime l'auteur, y voyant un lien avec une hausse prévisible du décrochage scolaire.

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Fikry Rizk

Enseignant

Pour économiser de l'argent, le gouvernement veut augmenter le nombre d'élèves par classe au primaire et au secondaire. Ou c'est une mauvaise blague (un autre ballon d'essai), ou c'est une autre preuve que le gouvernement est déconnecté de la réalité.

Si le gouvernement veut économiser en éducation, qu'il demande aux gens qui sont sur le terrain. J'assiste impuissant à du gaspillage énorme dans les écoles.

Un exemple? La politique du gouvernement mur à mur et inflexible en informatique, le mauvais entretien du parc informatique, des dizaines d'ordinateurs portables mis au rancart parce qu'il n'y a pas de mesures pour l'entretien ou la mise à jour, des projecteurs multimédias (2000$ chacun + frais d'installation) mis au rancart après deux ou trois ans d'utilisation, remplacés par de nouvelles technologies.

Un autre exemple? La réforme mal implantée: manuels scolaires rejetés, formations montées à la sauvette, libérations des enseignants, cachets des formateurs, etc.

Augmenter... le décrochage

Augmenter le nombre d'élèves par classe augmentera le décrochage scolaire. Cette augmentation coûtera très cher - peut-être pas sur le coup, mais dans deux ou trois ans - et le mal aura été fait. Un élève qui décroche, c'est une vie gâchée et des services sociaux supplémentaires pour soutenir des adultes sans diplômes.

Demandez à n'importe quel enseignant du secondaire comment son travail auprès de ses élèves est amélioré lorsqu'il a 28 ou 29 élèves au lieu de 32 ou 33 élèves. J'ai vécu cette situation très souvent et dans mes classes de 28 élèves, chacun d'entre eux avait mon attention et recevait de l'aide directe, partait satisfait de mon cours, comprenait la leçon. Dans une classe de 32 ou 33 élèves, plusieurs d'entre eux, à la fin du cours, n'ont pas réussi à obtenir l'aide de l'enseignant.

Avec 32, 33 ou 34 élèves, même l'espace physique du local devient source de conflit et l'enseignant ne peut passer entre les rangées. Et que dire du nombre d'élèves en difficulté qui augmente annuellement dans les classes... Ces élèves vont avoir encore moins d'attention de leur enseignant.

Cette mauvaise idée d'augmenter le nombre d'élèves par classe signifie: économisez aujourd'hui, payez plus tard, comme les ventes de meubles!

Le Québec ne peut pas reculer et augmenter le décrochage scolaire. Il faut poursuivre les actions positives et continuer à diminuer le nombre d'élèves par classe jusqu'en 5e secondaire.

Chaque élève compte!

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