Le monopole du coeur et de la compétence

On aime répéter que les garderies privées sont à but lucratif et qu'elles n'ont... (Photothèque La Presse)

Agrandir

Photothèque La Presse

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

Sur le même thème

Luc Harvey

Président de l'Alliance québécoise des garderie privées non subventionnées

On aime répéter que les garderies privées sont à but lucratif et qu'elles n'ont pas de coeur. J'aimerais raconter le cas d'un petit garçon dont la mère m'a téléphoné un dimanche après-midi pour savoir si nous pouvions prendre son enfant, Richard. Tous les CPE de la région avait refusé l'enfant, car son cas était jugé trop lourd.

Nous étions la dernière solution de la maman, qui devait travailler. J'avoue que la première journée, j'étais inquiet. Non pas parce que l'enfant devait occuper deux places et que cela me ruinerait, mais bien car je me demandais si nous serions capables de nous occuper de lui convenablement. Il avait été entendu qu'après une semaine, nous réévaluerions le dossier avec la maman et les éducatrices responsables de l'enfant.

Tel que convenu, le vendredi après-midi, la maman et moi étions à mon bureau pour discuter de la situation. Ce rendez-vous a sans doute été l'un des plus émotifs de ma vie. J'informai la maman que nous serions en mesure de garder son garçon.

Au final, nous devions réussir à garder le jeune garçon avec un budget de 35$ par jour, alors que les CPE refusaient de faire ce même travail pour 110$. Après quelques semaines, une fondation supportée par des joueurs de hockey professionnels a décidé de prendre en charge une partie des frais supplémentaires. Plus tard, quand j'ai vu un petit poupon jouer dans les cheveux de Richard, j'ai su que nous avions fait le bon choix.

Aujourd'hui, Richard est trop vieux et il va maintenant dans une école spécialisée. Nous le voyons tout de même à chaque journée pédagogique. Il vient passer la journée avec nous. Une de nos éducatrices, qui a développé une sincère amitié avec lui, prend même sa journée de congé pour être à ses côtés, et ce, tout à fait gratuitement.

Un réseau à découvrir

Qui peut me dire combien coûte une journée dans un CPE? Souvent, le montant de 60$ par jour est avancé, alors que dans les faits, nous oublions de compter une panoplie d'éléments: congés de taxes, TPS, TVQ, taxes municipale, scolaire, subvention de 100 000$ pour payer la directrice, participation du gouvernement dans les fonds de pension des éducatrices en CPE, subvention pour aider à l'entretien du CPE, subvention pour le loyer. Au final, le coût par jour pour un enfant revient à environ 90$ dans un CPE.

Avec la modulation des tarifs, les parents vont pouvoir redécouvrir le réseau des garderies privées du Québec. Un réseau qui, pour survivre, a eu à développer un programme éducatif lui permettant d'attirer une clientèle et réussir à préserver son existence dans un environnement où l'on peut faire garder un enfant pendant une journée pour 7$.

Le réseau des garderies privées compte quelque 20 000 places disponibles immédiatement, et cela, sans que le gouvernement ait à dépenser un seul dollar, ce qui devrait être également une bonne nouvelle en soi.

Nous devons respecter exactement les mêmes règlements que les CPE: même programme éducatif, même régie interne, mêmes obligations architecturales. Bref, outre le tarif, il est impossible pour un parent de faire la différence entre une garderie privée non subventionnée et un CPE.

Pendant ce temps, l'Association québécoise des CPE nous explique comment les installations qu'elle défend sont tellement meilleures que les garderies privées. Si c'est le cas, pourquoi avoir peur de laisser les parents choisir? Après tout, ce sont leurs enfants, non?

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

la boite:2525685:box

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer