CGI, Résolu, pitou et minou

CGI n'a pas voulu dire si elle savait... (PHOTO OLIVIER PONTBRIAND, archives La Presse)

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CGI n'a pas voulu dire si elle savait que l'UPAC avait été saisie du dossier à l'issue de la vérification policière, ni pourquoi.

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Claude Gaudet

Retraité, Saint-Bruno-de-Montarville

L'usine de pâtes et papiers Laurentide de Produits forestiers Résolu a cessé ses activités le 15 octobre dernier à Shawinigan ; 275 personnes y ont perdu leur emploi.

D'autre part, CGI annonce la création d'environ 275 à 300 nouveaux emplois à Shawinigan d'ici deux ans. Les Shawiniganais auront de quoi se réjouir de cette nouvelle. Comme dans un conte de fées, le compteur est remis à zéro ; 275 emplois perdus, 275 à 300 nouveaux emplois créés. Vu d'en haut, là où le programme politique est établi, ça ne devrait donc pas faire de vague dans l'opinion publique.

Pourtant, au-delà du nombre d'emplois perdus ou créés, c'est l'équité en matière de fiscalité des entreprises qui est en cause dans cette situation. En effet, le gouvernement Couillard octroie à CGI une somme maximale annuelle de 25 000 $ pour chaque emploi créé à Shawinigan. Or CGI, cinquième plus importante compagnie des technologies de l'information au monde avec ses 68 000 employés, un carnet de commandes de 18 milliards de dollars et des profits nets de 455 millions de dollars après impôt en 2013, a-t-elle vraiment besoin d'une subvention pour ouvrir un bureau à Shawinigan ? La réponse, c'est non.

Si nous sommes fiers du fleuron québécois qu'est CGI, nous admirerions encore davantage les qualités d'entrepreneur de son fondateur Serge Godin s'il décidait de s'installer à Shawinigan sans subventions gouvernementales.

Est-ce qu'une subvention semblable aurait permis à la compagnie de produits forestiers Résolu de garder son usine de Shawinigan en activité ? Peut-être que oui. Peut-être que non. Nous ne le saurons jamais.

Ce que nous savons cependant c'est que l'équité devrait toujours être le fondement de nos politiques en matière de fiscalité des entreprises.

Si les compagnies du secteur des technologies de l'information comme CGI ont droit à une subvention de 25 000 $ par emploi créé, pourquoi pas les compagnies de papier et de produits forestiers ? Pourquoi pas les compagnies des autres secteurs industriels ? Pourquoi pas toutes les compagnies, tant qu'à y être ?

Poursuivons le raisonnement. Dans sa recherche de programmes gouvernementaux à couper en période d'austérité, en voilà bien un qui est on ne peut plus inéquitable et que l'on devrait abolir sur le champ. Comme on ne peut pas octroyer 25 000 $ en subvention à toutes les compagnies qui créent un emploi au Québec, alors n'en donnons à personne.

Ben oui. Si c'est bon pour minou, c'est bon pour pitou !

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