Apprendre à vivre avec les crues

Après un hiver exceptionnellement neigeux et un printemps exceptionnellement... (Photo Marco Campanozzi, archives La Presse)

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Photo Marco Campanozzi, archives La Presse

F. Pierre Gingras

L'auteur a oeuvré pendant 32 ans à Hydro-Québec, au service de planification et estimation des grands ouvrages hydroélectriques.

Après un hiver exceptionnellement neigeux et un printemps exceptionnellement pluvieux et chaud, la vallée du Richelieu vivait au printemps 2011 une crue exceptionnelle d'une probabilité de l'ordre d'une fois tous les 200 ans. Quelle leçon faut-il en tirer?

Certains accusent les gouvernements de n'avoir jamais excavé certains hauts-fonds de la rivière pour en augmenter la capacité. La mesure aurait créé un dégât cent fois pire en drainant le lac Champlain de plusieurs pieds à longueur d'année, d'où la nécessité d'ajouter également un barrage avec vannes.

Mais comment justifier d'investir entre 300 et 400 millions, en plus d'injecter chaque année de 30 à 40 millions en financement et en maintenance, afin d'éviter un dégât de 25 millions une fois tous les 200 ans? Il est peu probable que la solution se trouve dans cette direction.

Pour les fonctionnaires, la réponse est toute simple: interdire la construction. Évidemment, lorsque tu n'es pas celui qui a investi tous tes avoirs dans cette propriété, la réponse est simple; simpliste, serait le mot plus juste.

Puisque les élévations maximales des crues sont connues, pourquoi ne pas simplement ajuster le règlement municipal d'urbanisme en conséquence? Sur une période de 200 ans, il est évident que tout ce stock de maisons sera renouvelé. Interdire les sous-sols, exiger de construire sur une dalle élevée dans un remblai intégré à un aménagement paysager et rehausser les maisons en place ne semblent-elles pas des solutions plus profitables pour tout le monde?

Chaque rivière a ses particularités. Ainsi, lorsqu'une rivière coule du sud au nord comme dans le cas de la rivière Chaudière, le bassin en amont dégèle alors que l'aval est encore couvert de glace: recette parfaite pour la création d'embâcles et d'inondations catastrophiques annuelles. Il faut alors analyser d'autres avenues.

Ainsi, dans ce cas de la rivière Chaudière, à une quinzaine de kilomètres en aval du lac Mégantic, un passage plus serré permettrait de construire un barrage et de créer un plan d'eau qui doublerait la superficie du lac Mégantic en créant un réservoir au même niveau, ce qui pourrait engendrer un important développement immobilier et touristique.

Chaque hiver, ce réservoir serait progressivement vidangé afin de pouvoir ensuite atténuer la crête des crues, avec un remplissage contrôlé. Comme ce projet ne saurait être rentabilisé avec sa seule production d'énergie, il demeurera toujours en plan, orphelin d'un ministère responsable. Quelle conclusion pourrait-on tirer de ce second exemple?

Les crues se produisant toujours aux mêmes endroits, il serait opportun de mettre sur pied un organisme capable de voir l'ensemble des possibilités pour chacune des rivières concernées. Un organisme capable de voir plus grand qu'un seul ministère.




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