Pour une métropole forte

Le maire de Montréal, Denis Coderre, réclame une... (Photo Bernard Brault, archives La Presse)

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Le maire de Montréal, Denis Coderre, réclame une plus grande autonomie pour la ville, alors que la région génère 53% du PIB du Québec.

Photo Bernard Brault, archives La Presse

Denis Coderre

L'auteur est maire de Montréal.

La semaine dernière, les villes du Québec se sont invitées dans la campagne électorale provinciale en demandant aux candidats des principaux partis politiques de s'engager sur des demandes qu'elles considèrent essentielles pour le monde municipal. Parmi celles-ci, la demande d'un statut de métropole pour Montréal.

D'abord, un constat: Montréal est une métropole. Rappelons les chiffres: 50% de la population québécoise réside dans la région métropolitaine et celle-ci génère 53% du PIB du Québec. Ce que nous demandons, c'est un statut qui reflète à la fois notre poids économique, notre positionnement de ville universitaire, notre réalité de phare culturel et notre rayonnement international.

Réclamer un statut de métropole, c'est demander à ce que le gouvernement reconnaisse que:

- Montréal est important pour l'économie de l'ensemble du Québec;

- Les responsabilités de Montréal dépassent les compétences municipales traditionnelles;

- Montréal a des besoins particuliers;

- Montréal dispose de l'expertise et du savoir-faire nécessaires pour décider de ses priorités.

Il n'est pas question de «séparer» Montréal du reste du Québec, une idée absurde. Au contraire, les régions ont besoin d'une métropole en santé, tout comme la métropole doit compter sur des régions fortes.

Ce n'est pas un caprice ni de la mégalomanie. Il s'agit simplement de reconnaître que Montréal ne dispose pas de toute l'autonomie nécessaire pour répondre aux besoins de ses citoyens.

Et ces besoins sont énormes: qu'il s'agisse de lutte à l'itinérance, de développement économique, d'entretien de ses infrastructures ou d'intégration des nouveaux arrivants, Montréal ne peut se comparer aux autres villes.

Cadre législatif du XIXe siècle

Et pourtant, les gouvernements québécois ont toujours considéré que toutes les villes étaient au même niveau. C'est cette politique du «mur à mur» que nous voudrions voir remplacée par des mesures adaptées aux réalités de chaque ville. C'est dans cette optique que nous appuyons également la demande de la ville de Québec pour obtenir un statut particulier de capitale.

Parce qu'elles évoluent dans un cadre législatif qui date du XIXe siècle, les villes vivent sous une quasi-tutelle permanente et doivent sans cesse se tourner vers Québec ou Ottawa pour des enjeux qui touchent leur territoire.

Dans le cas de la métropole, il est vraiment temps que la situation soit corrigée. À l'heure actuelle, Montréal étouffe. Dans bien des domaines, la ville se retrouve complètement paralysée, toujours en attente de décisions et de budgets qui viendront de Québec ou d'Ottawa.

Parfois même, Montréal est carrément écarté du processus décisionnel, comme l'illustre tellement bien le cas de l'échangeur Turcot, un dossier montréalais qui se décide dans les bureaux du ministère des Transports à Québec. Et l'exemple du remplacement du pont Champlain est également flagrant, alors que le gouvernement du Canada a fait fi de toutes les démarches de ceux qu'il devrait considérer comme ses partenaires en déposant un projet de loi qui prévoit l'imposition d'un péage. Que ce soit à Québec ou à Ottawa, il est urgent que la Ville de Montréal soit une fois pour toutes considérée comme un partenaire entier des projets la concernant. 

Les chefs des principaux partis qui s'affrontent dans le cadre des élections provinciales se sont tous engagés, à des degrés divers, à répondre positivement à nos demandes. Au cours des prochains jours, nous nous ferons un devoir de leur rappeler que sans une métropole forte, il ne pourrait y avoir un Québec fort.




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