Voter à l'imparfait

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Jacinthe Villeneuve

L'auteure est éducatrice spécialisée, résidente de Sainte-Julie.

Le 4 septembre 2012, 4 416 437 citoyens québécois se sont déplacés pour aller voter. Certains avec une idée claire en tête, soit l'endroit où ils allaient apposer leur petit «X». D'autres, alors qu'ils attendaient pour aller derrière l'isoloir, se demandaient encore sur qui allait s'arrêter leur choix. Peu importe, ces 4 416 437 citoyens, soit 74,6% des gens présents sur la liste électorale, ont fait un choix commun ce jour-là, celui d'aller exercer leur droit d'élire leurs futurs dirigeants.

Installés devant leurs petits écrans, ils ont attendu avec une certaine impatience le résultat des élections. Finalement le verdict est tombé. Le Parti québécois était élu avec 54 sièges à l'Assemblée nationale, soit avec une légère avance sur le Parti libéral, et ses 50 sièges. Ce sera donc un parti minoritaire. Certains Québécois sont allés se coucher en se réjouissant d'avoir «gagné leurs élections». D'autres, la majorité de surcroît, se sont dit «meilleure chance la prochaine fois». 

Car, en ce jour d'automne 2012, 68% de ces citoyens, qui ont pris la peine de voter, ont perdu leurs élections. Comment l'Assemblée nationale peut-elle se dire représentative de la volonté citoyenne quand plus de la moitié des votes étaient contre le parti porté au pouvoir? 

Le 5 mars, soit 18 mois après les élections de 2012, Pauline Marois s'est présentée chez le lieutenant-gouverneur pour lui demander de dissoudre le Parlement. Ses raisons? N'ayant pas un gouvernement majoritaire, il lui est difficile de mener à bien les dossiers. Les Québécois sont donc appelés aux urnes le 7 avril.

Pendant que les débats auront cours, que de nombreuses poignées de mains ayant pour but d'attirer des électeurs seront échangées, les dossiers, ceux que l'on se plaignait de ne pas être en mesure de faire progresser, seront complètement délaissés. 

Il existe pourtant une loi qui prévoit des élections à date fixe. Pourquoi ne respectons-nous pas nos propres lois? Il faut arrêter de faire des élections dans le but de devenir majoritaire, mais plutôt apprendre à travailler ensemble, peu importe notre allégeance!

Réorganisation du système électoral

Pour avoir un gouvernement vraiment représentatif des valeurs et de la volonté des Québécois, une réorganisation du système électoral est primordiale. Comment être certain d'aller dans le sens de la volonté citoyenne quand l'attribution des sièges à la chambre ne la respecte même pas? 

Depuis 2012, 43% des sièges au Parlement sont occupés par des représentants du Parti québécois alors que seulement 32% des intentions de vote étaient pour eux. Inversement, Québec solidaire occupe actuellement 1,6% des sièges alors que 6% des électeurs avaient apposé leur petit «X» à côté du nom d'un représentant de ce parti.

Le système actuel est-il vraiment représentatif de la volonté citoyenne? Le fait que le parti au pouvoir ait la liberté de déclencher des élections quand bon lui semble, souvent lorsque les sondages lui sont favorables, en prétextant que les dossiers n'avancent pas suffisamment, est-ce vraiment ce que nous souhaitons?

En plus d'une représentation proportionnelle, de vraies élections à date fixe forceraient nos politiciens à s'entendre, à discuter et à travailler en équipe pour faire avancer les dossiers. Ça éviterait d'abandonner, d'opter pour une dissolution dans le but d'avoir plus de gens dans son camp la prochaine fois.

J'espère que le prochain gouvernement aura le courage de mettre le débat de la réorganisation du système électoral sur le tapis. S'il le fait, il méritera mon respect, puisqu'il le fera en sachant très bien que ça lui enlèvera certaines libertés. Cependant, il le fera dans le seul but d'avoir, enfin, un gouvernement vraiment représentatif de la volonté citoyenne, de ces petits «X» que l'on fait, bien caché derrière l'isoloir.




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