L'honneur des syndicats est en jeu

Pierre Karl Péladeau a connu plusieurs conflits avec... (Photo Pascal Ratthé, Archives Le Soleil)

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Pierre Karl Péladeau a connu plusieurs conflits avec certains des syndicats de ses entreprises.

Photo Pascal Ratthé, Archives Le Soleil

Gilles Dussault

L'auteur a été président du Syndicat de professionnelles et professionnels du Québec de 2006 à 2012.

Les syndicats doivent s'exprimer publiquement sur la candidature de PKP. C'est une question d'honneur. Voici pourquoi. Les syndicats ont une double mission : au travail, négocier de bonnes conventions collectives et, en société, proposer des améliorations au contrat social, notamment par l'instauration et le financement équitable des services publics, un patrimoine qui concrétise l'aspiration à une meilleure répartition de la richesse.

Or, la candidature de PKP est un véritable camouflet infligé par le PQ au « monde ordinaire », soit les personnes qui n'ont que leur force de travail ou le soutien des fonds publics pour assurer leur subsistance. Cette candidature accrédite les actions antisyndicales et les croisades anti-services publics de Québecor. Les syndicats ne peuvent rester silencieux devant une telle candidature. Tous les syndicats.

Il semble que PKP, champion de la convergence dans le monde des médias, ayant réussi à faire financer certaines de ses entreprises par des fonds publics, veuille maintenant agrandir son empire en y adjoignant directement la sphère politique. Lui qui a refusé de soumettre ses journaux à l'autorité morale du Conseil de presse du Québec, refuse aujourd'hui le code d'éthique des élus qui se départissent de leurs actifs lorsqu'ils entrent en fonction.

Du côté du PQ, l'on nous ressert la ritournelle suivant laquelle « l'indépendance n'est ni à gauche ni à droite, mais en avant » et que seule « la souveraineté du Québec repose sur la mobilisation d'une coalition large des forces indépendantistes ». Il y a des « largeurs » qui, par pure décence, ne peuvent tolérer certaines largesses.

Faire connaître leur position

Les syndicats doivent réunir leurs instances, les plus larges possible, et après délibération, adopter et faire connaître publiquement leur position sur cette candidature. J'ai bon espoir que le rejet de l'offre de PKP serait très majoritaire.

Les délégations syndicales qui sont davantage préoccupées par les enjeux capital-travail voudront préserver les acquis au travail et en société et celles qui sont plus centrées sur les enjeux de la question nationale voudront faire clairement savoir que le PQ ne peut pas proposer que le Québec devienne un pays inspiré des visions de PKP. C'est une question d'honneur.




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