Aéroports de Montréal: Québec et Montréal doivent s'impliquer

Par la voix de son directeur général, ADM... (Photo François Roy, archives La Presse)

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Par la voix de son directeur général, ADM adopte une attitude plutôt défensive dans ce débat en se contentant de vanter ses réalisations au lieu de collaborer activement à une initiative menée par les principaux acteurs sous le leadership du nouveau maire de Montréal.

Photo François Roy, archives La Presse

Jacques Roy, Michel Nadeau

Les auteurs sont respectivement professeur à HEC Montréal et directeur général de l'Institut sur la gouvernance (IGOPP).

Au cours des derniers jours, plusieurs observateurs, notamment des conseillers municipaux, ont réclamé l'intervention du maire Denis Coderre pour inciter la société Aéroports de Montréal (ADM) à améliorer le service aux passagers, dont l'accroissement du nombre de liaisons vers des destinations internationales.

Les Montréalais n'ont pratiquement aucun accès direct aux grandes métropoles en Asie et en Amérique du Sud. Pour les gens d'affaires, il s'agit d'un enjeu crucial pour le développement de la grande région de Montréal; cette réalité interpelle l'ensemble du Québec, les chambres de commerce et Tourisme Montréal.

C'est un débat tout à fait légitime puisque les aéroports sont des biens publics et que le développement économique régional devrait être au coeur de leur mission. Mais voilà, les Montréalais sont impuissants devant le conseil d'administration d'ADM, qui «s'auto-élit» sans véritable implication du milieu ou reddition de comptes.

Par la voix de son directeur général, ADM adopte une attitude plutôt défensive dans ce débat en se contentant de vanter ses réalisations au lieu de collaborer activement à une initiative menée par les principaux acteurs sous le leadership du nouveau maire de Montréal. Le gouvernement du Québec et les villes de la région de Montréal devraient s'impliquer sérieusement dans la gestion stratégique d'ADM, qui subit la concurrence croissante des aéroports transfrontaliers de Burlington et de Plattsburgh.

Cette attitude résignée d'ADM nous ramène à un enjeu de taille dans le dossier aéroportuaire, celui de la gouvernance. Dans une étude rendue publique récemment, nous avons déploré le manque de responsabilité des conseils d'administration des administrations aéroportuaires comme ADM au Canada. En fait, il n'est pas clair à qui actuellement ces conseils d'administration doivent rendre des comptes depuis la décision d'Ottawa de céder la gestion des installations aéroportuaires à des organismes régionaux.

Dans son plus récent rapport, le Comité sénatorial permanent sur les transports et les communications estime que les gestionnaires d'aéroports doivent rendre compte de leurs décisions à une tierce partie et recommande que «les autorités aéroportuaires canadiennes établissent des mécanismes de révision qui permettraient aux intervenants et aux clients de l'aéroport de mieux examiner les décisions qu'elles prennent». Nous abondons dans le même sens.

Concrètement, cette recherche d'une plus grande responsabilité pourrait passer par la cession des aéroports à des provinces ou à des municipalités qui voudraient se porter acquéreurs des installations aéroportuaires. Ottawa conserverait naturellement les responsabilités stratégiques des douanes, de l'immigration et de la sécurité aérienne.

En transmettant la propriété des installations aux provinces ou aux municipalités, les aéroports n'auraient plus à verser un loyer au gouvernement canadien, mais plutôt à rémunérer le capital public investi. Cette cession rendrait les aéroports responsables devant des élus (municipalité, CMM ou province) et remettrait à l'avant-scène la mission de développement économique régional des principaux aéroports du pays.




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