Pont Champlain : il ne faut pas manquer le bateau

Le pont Champlain, utilisé chaque jour par plus... (Photo: Martin Chamberland, archives La Presse)

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Le pont Champlain, utilisé chaque jour par plus de 160 000 automobiles et camions, est l'un des plus achalandés du Canada.

Photo: Martin Chamberland, archives La Presse

Roger Rivest

L'auteur est ingénieur retraité du ministère des Transports du Québec

Nous savons tous que trois autoroutes importantes utilisent le pont Champlain : la A10, la A15 et la A20. Nous savons également que le tronçon des autoroutes 15 et 20, entre l'autoroute Bonaventure et l'échangeur Turcot, sera élargi à trois voies, ce qui est une très bonne décision.

Le pont sera à péage et se doit d'être attrayant pour ses utilisateurs. La circulation doit donc être fluide. Pour ce faire, il faudrait que le pont ait autant de capacité que ses approches, qui seront à trois voies. L'entrée de l'A15 et de la route 132, malheureusement, viendra brouiller les cartes et créer de la congestion. On aura le même problème en direction sud, avec l'entrée de l'autoroute Bonaventure.

Il est clair que le futur pont, tel que proposé, manquera de fluidité et qu'il aurait besoin de quatre voies par direction, seulement sur le pont, entre la route 132 et l'autoroute Bonaventure, en plus de l'espace prévu pour le système léger sur rail (SLR).

L'exemple du nouveau pont de l'autoroute 25 est frappant. Cette autoroute possède deux voies par direction et une voie supplémentaire a été ajoutée entre le boulevard Henri-Bourassa et la première sortie au nord du pont. Il s'agit d'un exemple de bonne vision de la part des ingénieurs qui l'ont conçu. La nécessité d'une voie supplémentaire dans le cas du pont Champlain est encore plus évidente.

Le pont de l'A15 entre Montréal et Laval a été élargi à quatre voies par direction et le pont de l'A13 fonctionne à quatre voies durant les heures de pointe en déplaçant le séparateur en béton. Pensons-y : une fois construit, le nouveau pont ne sera pas modifiable.

Un autre pont après Champlain ?

Si l'on choisit la solution de conserver le plus de congestion possible afin de favoriser l'utilisation des transports en commun, ce qui n'est pas très attrayant pour un pont à péage, il faudra s'attendre à ce que les citoyens fassent continuellement pression pour la construction d'un autre pont. Mais nous savons tous qu'aucun autre pont ne sera construit.

Quant à ceux qui argumentent que l'ajout de voies sur le pont va favoriser l'étalement urbain, la congestion prouve que cet étalement est déjà fait. Le ministère des Transports n'a pas pour mandat de favoriser la congestion, mais plutôt de la limiter ; c'est à d'autres instances du gouvernement de trouver préalablement des solutions au problème de l'étalement urbain.

Il ne faut pas manquer le bateau cette fois-ci. Il n'y aura pas d'autre chance avant longtemps.




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