Un refus de soutien financier

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Dans un contexte où 80% des patients n'ont pas accès aux soins palliatifs, l'euthanasie est-elle une procédure acceptable pour résoudre le problème du sous-financement?

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Paul Lefort

L'auteur est médecin de famille.

L'euthanasie, ou la mort assistée par un médecin, devrait signer un constat d'échec de la médecine moderne. Loin de représenter une procédure de soutien, elle prend sa justification dans l'incapacité de la médecine à soulager, à défaut de guérir les conséquences inacceptables d'une maladie incurable.

Cette procédure permettrait à des patients souffrants et en phase terminale d'abréger les effets d'une maladie dont l'évolution est incontrôlable malgré les moyens dont nous disposons à l'heure actuelle.

Mais dans un contexte où 80% des patients n'ont pas accès aux soins palliatifs, l'échec du traitement ne reflète pas une impuissance médicale, mais un refus de soutien financier privant quatre malades sur cinq de l'accès aux soins palliatifs.

Il faut bien avouer que les patients en phase terminale n'ont pas l'énergie nécessaire pour manifester et réclamer des services de santé mieux adaptés. Qui parle en leur nom? Personne.

Certains diront que les coûts des services de santé ont atteint un plafond. Avons-nous les ressources financières pour permettre un accès aux soins palliatifs à tous ceux qui en ont besoin? On considère souvent la procédure de l'euthanasie beaucoup plus économique que les services de soins palliatifs.

On oublie que les patients ayant fait la demande de mort assistée doivent être évalués par au moins deux médecins, que des formulaires doivent être remplis et remis à un organisme de contrôle, qu'une bureaucratie de surveillance devra être mise en place et que plusieurs cas de dérapages inévitables vont exiger des expertises médicales et légales risquant de faire grimper les coûts de manière inattendue.

De plus, on exige un délai d'un mois au minimum entre la demande de la procédure et son exécution. Combien de patients qui seraient éligibles à l'euthanasie peuvent demeurer à la maison en attendant que l'on décide pour eux du moment de mettre fin à leurs jours? Si la plupart d'entre eux sont hospitalisés, où donc se situe l'économie, sachant que, de toute manière, la durée de vie d'un patient en phase terminale se calcule en terme de semaines?

Il serait intéressant de faire une étude comparative entre les coûts d'hospitalisation moyens d'un patient en attente d'une procédure d'euthanasie et ceux d'un patient hospitalisé en attente du jour où la maladie causera son décès.

La véritable question devrait être la suivante: l'euthanasie est-elle une procédure acceptable pour résoudre le problème du sous-financement et du manque d'accès aux soins palliatifs? Je vous laisse le soin de répondre à cette question.




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