À bout de patience

Je suis un usager du métro depuis plusieurs d'années déjà, car je suis de ceux... (Photo Alain Roberge, Archives La Presse)

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Photo Alain Roberge, Archives La Presse

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Simon Bigras

L'auteur est professeur de français langue seconde à Montréal.

Je suis un usager du métro depuis plusieurs d'années déjà, car je suis de ceux qui croient qu'une société conscientisée devrait prioriser le transport en commun dans une ville où l'environnement et la nature sont partie prenante du panorama urbain. C'est là une qualité qui rend cette ville que j'aime distincte et que les touristes venus de partout semblent apprécier tout autant.

Dans une ville où tout fonctionne, le transport public est probablement la chose la plus vitale pour assurer la fluidité de la vie quotidienne. C'est la sève d'une infrastructure qui calque ses paramètres sur le quotidien des gens qui composent la société et qui nourrissent celle-ci par leurs efforts journaliers et leur travail.

Ceci dit, nous peinons à remplir ce mandat puisque l'un des moteurs principaux de ce bon fonctionnement, le transport, est en perte constante et récurrente de qualité et d'efficacité. Combien de fois par semaine entendons-nous ce fameux message d'une STM qui nous remercie de notre compréhension à la suite d'une énième interruption de service? À long terme, ces remerciements prennent le ton d'une mauvaise ritournelle, d'une blague qui abuse de la patience des usagers.

Une fois de plus cette semaine, j'ai dû changer mon itinéraire de transport pour me rendre au travail avec 30 minutes de retard, ce qui se traduit par une perte de temps et d'argent. Du temps qui aurait dû être alloué à contribuer à l'essor de l'entreprise pour laquelle je travaille. Et de l'argent aussi qui aurait dû être versé dans mon compte, mais qui ne le sera pas par la faute de la STM.

Au bout d'une année, ce sont des centaines de dollars en moins sur mon salaire et sur celui de plusieurs autres usagers qui s'épuisent sous le poids de la frustration.

Notre ville a déjà perdu la face à plusieurs reprises cette année avec les revirements politiques de la mairie et les histoires de corruption. L'image de la ville est déjà salie et ces déboires ont mis une tache sur la métropole. Si les gens ragent devant tant d'injustice et de tromperie de la part de leurs élus, ces frustrations quotidiennes issues de la mauvaise gestion et du manque d'entretien du transport deviennent des irritants supplémentaires qui ne font qu'ajouter au mécontentement.

Ce sont ces frustrations accumulées qui laissent un goût amer aux Montréalais, jour après jour, et qui donnent au séjour des touristes du monde entier une pointe de déception.

Mes étudiants viennent des quatre coins de la planète. Chaque fois que je leur demande s'ils aiment Montréal, ils répondent tous «oui». Lorsque vient le temps de savoir ce qu'ils aiment le moins de cette ville qui est prête à tant offrir, le transport est la réponse la plus unanime. N'y a-t-il pas là quelque chose d'absurde?

Si la culture à Montréal est si forte jusqu'à en faire transpirer les murs des stations par les murailles d'art urbain ou par les notes des musiciens qui retentissent dans les tunnels à la sortie des wagons, on finit malgré tout par ne plus en voir la beauté parce qu'elle est noyée dans le chaos des messages d'interruption et les doléances des usagés qui n'en peuvent plus.

Je somme la STM de faire quelque chose pour remédier à la situation. Je ne suis pas le premier à m'en plaindre et je ne serai très probablement pas le dernier. J'espère donner ici une voix aux autres qui n'ont pas posé ce geste et qui doivent se fier au bon fonctionnement du transport en commun pour assurer leur quotidien.

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