Encore des progrès à faire

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Une mauvaise alimentation et l'absence d'activités physiques ont mené aux épidémies d'obésité et de diabète de type 2. Les maladies cardiovasculaires ont tué 17 millions de personnes en un an malgré les avancées importantes dans la prévention et les traitements.

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Jean-Claude Tardif, Denis Roy

Les auteurs sont cardiologues à l'Institut de cardiologie de Montréal et professeurs de médecine à l'Université de Montréal.

L'Organisation mondiale de la santé vient de révéler les 10 premières causes de mortalité dans le monde et les maladies cardiovasculaires se situent malheureusement encore en première place, loin devant les autres causes.

Les maladies cardiovasculaires ont tué 17 millions de personnes en un an, suivies par les infections respiratoires, qui ont causé 3,2 millions de décès. Viennent ensuite le sida, les cancers et le diabète, ayant fait chacun environ 1,5 million de victimes en un an.

Ces résultats surviennent malgré les avancées importantes dans la prévention et les traitements des maladies cardiovasculaires que nous avons réalisées au cours des 25 dernières années. Les campagnes agressives de cessation tabagique, de contrôle de l'hypertension artérielle et du cholestérol, l'angioplastie par ballon et prothèses pendant la phase aiguë de la crise cardiaque, les pontages coronariens, les défibrillateurs et les traitements médicaux de l'insuffisance cardiaque ont contribué à l'amélioration des résultats cliniques.

Toutefois, les mauvaises habitudes de vie telles une alimentation malsaine (incluant la restauration rapide) et l'absence d'activités physiques menant aux épidémies d'obésité et de diabète de type 2 accréditent largement la prédiction des épidémiologistes à l'effet que la génération montante sera la première qui vivra moins longtemps que la précédente.

Ces données de mortalité ne tiennent pas compte de la morbidité très importante liée aux maladies cardiovasculaires, incluant les hospitalisations répétées. L'insuffisance cardiaque, les troubles du rythme cardiaque (fibrillation auriculaire, rétrécissement de la valve aortique) affectent grandement la qualité de vie des patients. Les démences sont également très souvent liées à des problèmes vasculaires. De plus, les maladies cardiovasculaires occasionnent les dépenses les plus importantes dans nos systèmes de santé.

Il est donc impératif d'agir pour réduire le premier fardeau mondial de mortalité, de morbidité, de qualité de vie réduite et de dépenses en santé. Cet objectif requiert une approche à multiples facettes.

À la suite des campagnes de cessation du tabagisme couronnées de succès, les compagnies de cigarettes ont ciblé les adolescents et jeunes adultes dans nos régions et dans les pays émergents pour enrôler de nouveaux grands groupes de fumeurs. Nous devons redoubler nos efforts pour contrer les stratégies de ces compagnies, puisqu'un grand nombre de ces nouveaux fumeurs mourront prématurément de maladies cardiovasculaires.

Il faut également promouvoir la saine alimentation en encourageant la consommation de fruits, légumes, poissons et légumineuses et en réduisant la malbouffe. Les efforts de promotion d'une alimentation propice à la santé cardiovasculaire sont présentement minimes par rapport aux investissements gigantesques du marketing de la restauration rapide (fast-food) et d'autres aliments nocifs.

Nous visons également à accroître le niveau d'activité physique de nos populations, particulièrement de nos plus jeunes. Ces efforts de prévention sont essentiels; la mort subite est souvent la première et seule manifestation d'une maladie cardiaque chez les personnes ne se sachant même pas à risque.

Toutes ces approches préventives sont prioritaires, mais elles n'élimineront pas les maladies cardiovasculaires. La recherche porte un important potentiel pour nous permettre d'identifier à l'avance les individus à haut risque de problèmes cardiovasculaires potentiellement mortels, notamment par la génétique, les nouveaux marqueurs sanguins et l'imagerie médicale de pointe.

Des médicaments révolutionnaires et le raffinement des techniques chirurgicales amélioreront le devenir des patients avec maladies cardiovasculaires ou celui de nos populations susceptibles d'en développer. Les porteurs de maladies cardiaques congénitales pourront aussi bénéficier de ces développements.

L'émergence d'une médecine davantage personnalisée nous permettra également de mieux caractériser les maladies cardiovasculaires (entre autres par l'imagerie moléculaire), d'identifier les individus répondant différemment à certains aliments (par la nutrigénomique), puis de sélectionner les médicaments appropriés en se basant sur le profil personnel pharmacogénomique et de biomarqueurs sanguins.

Les données de l'OMS nous rappellent le fardeau majeur des maladies cardiovasculaires. Toutefois, les stratégies et nouvelles approches liées à la recherche de pointe nous permettent de croire que nous pourrons les repousser davantage.

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