À Ottawa de se réveiller

Démolir les bâtiments à proximité des voies ferrées... (Photo David Boily, La Presse)

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Démolir les bâtiments à proximité des voies ferrées pour les reconstruire ailleurs? Cela ne tient pas la route.

Photo David Boily, La Presse

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Gilbert Hayart

L'auteur est un designer résidant à Sainte-Julie.

Alors qu'il y a trois semaines, tout le monde regardait passer les trains comme faisant partie du quotidien, voilà qu'ils sont devenus l'ennemi public numéro un. La Presse nous apprenait samedi que 65 000 résidences se situent dans des endroits vulnérables. Sans compter écoles, hôpitaux, résidences de personnes âgées et autres lieux de rassemblement. Mais vulnérables à quoi?

La réponse est la même que pour les armes à feu: ce n'est pas l'objet qui est responsable de l'utilisation qu'on en fait.

Exiger par réglementation que toute construction se retrouve désormais à 30 mètres d'une voie ferrée n'est pas une mauvaise chose en soi. Mais que faire des bâtiments existants? Les démolir pour les reconstruire ailleurs? Cela ne tient pas la route.

Oui, il doit y avoir une sérieuse révision de la réglementation. Mais ce n'est ni aux municipalités, ni au provincial d'agir, mais bien à Ottawa, qui a dormi au gaz durant des décennies. Le fédéral a laissé pourrir une situation - comme il sait si bien le faire - qui est devenue catastrophique. Croire que l'autorégulation de l'industrie du transport ferroviaire se fera d'elle-même, c'est comme confier au loup la surveillance d'un poulailler.

On a vu et revu à saturation comment les sénateurs s'en donnent à coeur joie avec notre argent, comment les ingénieurs s'approprient des parts de marché, comment les élus valsent avec les enveloppes brunes, etc. Chaque fois qu'il y a un trou dans une loi, il y aura toujours un filou qui y passera le doigt.

Mettons les choses en perspective.

Premièrement, le train est le symbole fédérateur par excellence de notre nation. C'est par et grâce au train que le pays s'est colonisé et développé. Il a été le trait d'union, souvent le seul, entre les régions et le principal agent d'enrichissement collectif durant plus de 100 ans.

Deuxièmement, pour la très grande majorité d'entre nous, les rails étaient là avant notre naissance, nous avons été élevés avec, nous nous en sommes accommodés et nous avons su cohabiter. Parce le transport par train est écologique, économique et efficace, nous devrons encore le faire jusqu'à la fin de nos jours. Le train, c'est la voie de l'avenir, l'Europe l'a compris.

Troisièmement, aussi bien s'y faire et s'adapter, ou plutôt l'adapter à nos besoins. Or, on est loin du compte. S'il y a regain du trafic ferroviaire, c'est bon signe, n'y voyons surtout pas une menace. Et s'il y a menace, elle vient de notre manque de vigilance individuelle et collective. Ne jetons pas bébé avec l'eau du bain.

On savait que certaines lignes étaient mal entretenues et devenues menaçantes. On savait que de permettre la présence d'un seul mécanicien à bord d'un train était risqué. On savait que d'abandonner sans surveillance des trains arrêtés moteurs en marche était risqué. On savait que laisser circuler des convois de matières dangereuses au milieu de secteur habités était risqué, on savait que de confier aux entreprises ferroviaires le choix des directives à suivre en regard à leurs opérations était risqué. Comment ne pouvait-on pas savoir que des individus profiteraient d'une sous-régulation en matière de transport ferroviaire pour engranger davantage de profits?

Je pointe du doigt les ministres fédéraux des Transports qui se sont succédé sans prendre la moindre initiative, malgré les rapports incriminants que se sont accumulés sur leur bureau.

Et quand hommes faillissent, on choisit une femme pour assurer ses arrières. N'est-ce pas, M. Harper? Aussi, je souhaite à «l'honorable» Lisa Raitt tout le courage nécessaire pour faire le «grand ménage» dans le transport ferroviaire.

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