Pas de révolution

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Benoît XVI et son successeur, le pape François, le 23 mars dernier.

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Solange Lefebvre

L'auteure est titulaire de la Chaire religion, culture et société à l'Université de Montréal.

OEuvre à quatre mains. Une première encyclique du pape François crée encore de l'émoi autour de son étonnant pontificat. En effet, le jour de la publication du texte attendu, vendredi dernier, il s'est montré en compagnie de son prédécesseur maintenant à la retraite, Benoît XVI, dans les jardins du Vatican, pour bien rappeler que ce texte constitue leur oeuvre commune. 

Benoît XVI, c'est un fait connu, l'avait presque terminée, avant sa démission. On a hésité entre une publication sous le nom de Joseph Ratzinger, ou sous le nom du nouveau pape. C'est François qui signe, tout en écrivant en introduction qu'il a repris et complété le travail de Benoît XVI. 

Plusieurs commentateurs soulignaient hier quelques aspects caractéristiques: la plume du précédent pape est reconnaissable sous plusieurs thèmes qui lui sont chers, tels les rapports entre la raison et la foi, la critique du relativisme et de la privatisation de la foi, la centralité de la famille traditionnelle pour la transmission de la foi. 

Mais d'autres aspects pourraient avoir été complétés par François, telle cette insistance sur le fait que les oeuvres de justice ne peuvent réussir si l'être humain prétend en être le seul porteur, sans Dieu. Sans oublier que François d'Assise est mentionné, comme modèle d'aide charitable aux pauvres.

Plusieurs experts insistent sur la continuité doctrinale, déclarant vaines les attentes d'un grand renouveau à l'égard du pape François. Je m'en étonne. En effet, on ne pouvait guère attendre de grande révolution dans un discours sur la foi. Mais le nouveau pape paraît préparer le terrain sur d'autres aspects de la vie doctrinale complexe de l'Église, en particulier le fonctionnement de celle-ci. 

La clé des gestes innovants posés depuis le début de son pontificat repose dans ce qu'on appelle la collégialité dans l'Église, signifiant que le pape n'y règne pas seul comme un monarque. Sur ce point fondamental, la nouvelle encyclique est muette, ce n'est pas son objet.

Par ailleurs, il est vrai que le propos de la nouvelle encyclique est intéressant et discute de questions importantes fréquemment débattues aujourd'hui: la foi ne surgit-elle que de la vision personnelle des individus? Est-elle impossible à communiquer à autrui au nom de la liberté individuelle? La foi avait-elle plongé jadis l'humanité dans une obscurité dont la science et la raison autonome modernes l'auraient sortie? 

Si un lecteur, une lectrice, ne se laisse pas découragé par le ton parfois didactique du document comportant quatre chapitres, il trouvera dans ce document ce que pensent deux papes simultanément sur ces sujets. Digne d'intérêt.

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