Un pillage d'un milliard

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40% des bénéfices d'Hydro-Québec sont détournés vers les promoteurs d'énergie éolienne et les petites centrales

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F. Pierre Gingras

L'auteur est un retraité d'Hydro-Québec

Tel que démontré par une étude élaborée de l'Institut Économique de Montréal publiée le 17 juin, un montant d'un milliard, soit 40% des bénéfices nets d'Hydro-Québec, est détourné annuellement vers les promoteurs des centrales éoliennes et des petites centrales. Cette somme sert à acheter inutilement moins de 1,5% de l'énergie distribuée par Hydro-Québec, dont les surplus sont déjà énormes et invendables à un coût raisonnable.

La nouvelle est presque passée inaperçue dans tout ce brouhaha de l'arrestation du maire de Montréal et de la commission Charbonneau, événements pourtant bien mineurs à côté d'un tel pillage. Comme si cet énorme dégât de nos «politicailleurs» aux grands doigts n'était pas suffisant, le gouvernement actuel s'entête à remettre ça pour un autre 250 millions (800 mégawatts d'énergie éolienne) additionnels.

Pourtant, un milliard, c'est 55 fois la compression de 18 millions effectuée par la ministre de l'Emploi, Agnès Maltais, dans les programmes sociaux, ou encore plus de 30 fois cette nouvelle redevance minière espérée, ou encore 7000 logements sociaux par année, ou encore une fois et demie la gratuité universitaire. Si tous ces sujets ont soulevé tant de passions et de controverses, pourquoi ne parle-t-on pas de ce détournement massif des revenus d'Hydro-Québec? Parce qu'il est le fruit de nos verts aussi naïfs que fanatiques ... et dont ont avidement profité les promoteurs et lobbyistes?

Endettée comme jamais, vache à lait par excellence des gouvernements actuels et passés, Hydro-Québec continue de voir ceux-ci vider sa caisse de toutes les façons possibles; par exemple, en inventant de nouveaux droits et/ou fonds XYZ de toutes sortes, dont celui dit «des générations», en plus des dividendes qu'ils y puisent sans retenue.

On rappellera amèrement cette époque pas si lointaine où nos politiciens en mal de popularité avaient rejeté toute augmentation de tarifs pendant cinq longues années. Les effets de cette politique représentent encore aujourd'hui un manque à gagner d'au moins 15% pour Hydro-Québec.

D'autre part, si certains économistes prétendent encore que les contrats de fourniture d'énergie aux alumineries sont profitables pour l'ensemble du Québec, une saine pratique comptable inscrirait plutôt ce manque à gagner d'Hydro-Québec aux comptes des ministères réellement impliqués, dont celui de l'Industrie.

Enfin, s'ajoute le fait que le gouvernement a allègrement siphonné la caisse de retraite des employés en se permettant de longues périodes de «congé de cotisation» dans cette caisse jusqu'alors excédentaire et maintenant déficitaire. Et, évidemment, on pousse la propagande au point de faire porter aux retraités l'odieux de cette situation.

À-propos, ce sont ces mêmes «politicailleurs» qui dénoncent la productivité d'Hydro-Québec.

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