Quelle répression policière?

Manifestation d'étudiants à la Tour de la Bourse... (Photo Ninon Pednault, La Presse)

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Manifestation d'étudiants à la Tour de la Bourse au printemps 2012.

Photo Ninon Pednault, La Presse

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Jacques Duquette

L'auteur est un avocat de Thetford-Mines.

On parle beaucoup de répression policière par les temps qui courent. J'ai pratiqué le droit criminel pendant 35 ans, et je peux dire que, durant toutes ces années, je n'ai à peu près jamais été témoin de brutalité ou de répression policière. Cette prétendue répression policière tant dénoncée par certaines petites associations de gauche, ou par des associations étudiantes non représentatives de la majorité de ceux-ci, et même, comme cela est présentement, par un très petit groupe d'avocats dits progressistes.

Tout au plus n'ai-je vu qu'à de rares occasions des aveux obtenus, dans des postes de police, par quelques promesses ou menaces. Et à chacune de ces rares fois, l'accusé n'avait qu'à mentionner ce fait devant la cour, pour que ces aveux soient immédiatement écartés de la preuve.

Pourquoi alors depuis le fameux printemps érable - je n'aime pas cette expression parce qu'elle dévalorise le vrai et héroïque printemps arabe -, ne parlons-nous que de répression policière à l'occasion de ce triste événement? Je m'insurge contre une telle attitude, si injuste envers nos forces policières.

Je me suis souvent battu devant les tribunaux contre les policiers qui avaient épinglé mon client à la suite de la commission d'un acte criminel. C'était mon métier d'essayer de les faire passer pour les méchants devant la cour. C'est donc en toute liberté qu'aujourd'hui, j'affirme qu'ils sont traités d'une manière fort injuste.

Oui, il s'est sûrement passé des choses disgracieuses durant la grève des étudiants. Parmi les centaines de policiers qui surveillaient ces manifestants, il y a eu des dérapages de la part de certains policiers. Cela est presque inévitable durant de tels événements. Mais pourquoi en faire une généralité, et réclamer une enquête publique, comme le font certaines associations étudiantes, ou groupuscules de gauche de tout acabit? À entendre certains témoins, le comportement de nos policiers aurait été digne des pires années des purges staliniennes survenues durant les années 30 dans la Russie soviétique.

Chez nous, un policier est d'abord et avant tout «un agent de la paix». C'est ainsi que le Code criminel le définit. Son rôle et son devoir sont de prendre tous les moyens à sa disposition pour faire régner la paix dans la société. S'il ne le faisait pas, il manquerait gravement à son devoir. S'il laissait certains manifestants anarchistes casser toutes les vitrines de magasin qui se trouvent sur leur chemin, il trahirait sa raison d'être.

Lorsque des manifestants (qui, souvent, ne sont même pas des étudiants) ignorent la loi en refusant d'informer à l'avance de leur parcours, qu'ils portent des masques, ou souvent un sac à dos bourré de cailloux ou de billes à être lancés aux forces de l'ordre; qu'ils défient les injonctions émises par les tribunaux et empêchent d'autres étudiants d'entrer dans leur collège pour aller y suivre leurs cours, alors là, il existe un grand danger pour la paix sociale, et le devoir des forces policières est de mettre fin à de tels débordements.

Dans cette triste affaire, les forces de l'ordre n'ont fait qu'essayer de mettre fin à l'espèce d'anarchie qui s'emparait de la ville et ainsi redonner au citoyen la paix sociale à laquelle il a droit. Si des anarchistes casseurs de vitrines ont provoqué les troubles survenus, il serait infiniment dommage qu'un an après ces événements, le bon peuple en oublie les vraies causes, pour n'en faire porter l'odieux qu'aux forces policières.

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