Triste à mourir

Les Québécois n'ont plus les moyens d'être malades, ni de vieillir. Le réseau... (PHOTO PATRICK SANFAÇON, ARCHIVES LA PRESSE)

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Caroline Friedmann

L'auteure réside à Longueuil.

Les Québécois n'ont plus les moyens d'être malades, ni de vieillir. Le réseau de la santé de Montréal devra se serrer la ceinture encore davantage cette année. Le gouvernement Marois vient de revoir à la hausse les compressions qui lui sont imposées.

Dans la réalité quotidienne des usagers du réseau, ça veut dire encore plus d'attente, moins de services en milieu hospitalier, moins de services en CHSLD, moins de services en CSSS pour les usagers malades à domicile tous âges confondus alors qu'on offre en dessous du minimum actuellement.

J'ai accompagné, dans les 9 derniers mois, mon père puis une amie en fin de vie. Et j'ai ma mère qui vit dans un CHSLD depuis 9 ans. La situation est catastrophique. Ma mère souffre de dystrophie musculaire, une maladie dégénérative, et dépend du personnel pour ses moindres gestes. Je ne souhaite pas cette vie à mon pire ennemi.

L'usager est le cadet des soucis des gestionnaires d'établissements, médecins, infirmières en chef et de beaucoup trop d'employés. Et ceux-ci osent parler de qualité de vie, d'intégration des familles. Le commissaire des plaintes? Une grosse blague institutionnalisée. Si vous n'êtes pas contents, on vous suggère le privé quand ils sont à court d'arguments. Or, au privé, les cas lourds comme les maladies dégénératives ne sont pas pris en charge.

Tout est fait pour décourager les familles de rendre visite aux parents institutionnalisés. Et après, on prétend que les vieux sont abandonnés par leur famille.

Il faut être blindé pour aller dans un CHSLD toutes les semaines. C'est sale, ça pue la merde, les chambres minuscules ne permettent qu'un visiteur. Bref, c'est triste à mourir. Vous ne recevez pas les soins de base d'hygiène. Je dois brosser les dents de ma mère et comme je vis à une heure de route de son centre, je ne peux le faire qu'une fois par semaine. Son quotidien: des plaies de lit parce qu'elle n'est pas suffisamment retournée dans son lit puisqu'elle en est incapable; des yeux purulents depuis des mois - je dois lui appliquer des compresses d'eau sur les yeux pour la soulager; des ongles crochus tellement longs que je les coupe moi-même maintenant lors de mes visites.

En ce moment, le gouvernement nous présente une campagne dénonçant la violence faite aux aînés. J'ai vu dans un CHSLD de la violence verbale exercée par certains employés, de la négligence, des commentaires déplacés, un manque d'éthique professionnelle. En tant que contribuable, je trouve que le gouvernement coupe de plus en plus tandis qu'il taxe de plus en plus. Je me questionne: où va mon argent?

Pendant ce temps, le gouvernement travaille à grands frais sur un projet de loi sur l'euthanasie. Pas très rassurant avec une pyramide d'âge inversée. Le gouvernement va-t-il rétablir l'équilibre, et pas seulement l'équilibre budgétaire?

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