Les agressions sexuelles, une réalité au Québec comme en Inde

Je suis triste d'entendre les gens parler de... (Andrew Caballero-Reynolds, AFP)

Agrandir

Je suis triste d'entendre les gens parler de la situation en Inde comme si de telles choses ne se produisaient pas ici.  La réalité est peut-être différente, mais les agressions sexuelles et la violence sont plus fréquentes ici que vous ne le pensez.

Andrew Caballero-Reynolds, AFP

Partager

Julie Legris
L'auteure réside en Outaouais.

La Presse

Ces derniers temps, on a beaucoup parlé du viol et de la violence contre les femmes en Inde.  Il y a eu plusieurs articles dans les journaux, plusieurs publications sur les médias sociaux.  Je suis contente de voir que des gens se mobilisent. Mais j'ai la triste impression que c'est plus facile de regarder ce qui se passe en Inde que notre propre réalité. Peut-être est-ce la distance, mais on dirait que c'est plus facile de voir la réalité des autres.

La situation en Inde devrait nous permettre de nous questionner, tout d'abord en tant qu'individu, mais aussi en tant que collectivité sur notre rôle dans la société, et surtout, sur le genre de société que nous voulons.   

Je suis triste d'entendre les gens parler de la situation en Inde comme si de telles choses ne se produisaient pas ici.  La réalité est peut-être différente, mais les agressions sexuelles et la violence sont plus fréquentes ici que vous ne le pensez.  Il ne s'agit pas de cas isolés.

Seulement dans la MRC des Collines-de-l'Outaouais, il y a trois personnes à temps plein qui travaillent sur les dossiers d'agressions sexuelles.  Je pense que nous devons réfléchir et commencer par agir chez nous! C'est à nous de protéger nos enfants de toute cette violence sexuelle.

Il ne faut pas s'attendre à ce qu'un enfant agressé dénonce les faits, même à son parent.  Un enfant qui se fait agresser vit de la honte. Même si cela peut paraître incompréhensible, il aura probablement honte de ce qui s'est passé et il peut se sentir responsable des actes commis. Il peut aussi avoir subi des menaces de la part de l'agresseur. C'est malheureusement une réalité plus présente que vous ne le pensez!  Même au Québec!  C'est à nous, en tant qu'adultes, d'ouvrir nos yeux et de regarder ce qui se passe chez nous, dans la cour de notre voisin et tout autour de nous.  

Si vous remarquez un changement de comportement chez un enfant, questionnez-vous!  Un enfant qui devient soudainement agressif, qui développe des troubles de sommeil, qui se referme sur lui-même, qui développe des phobies, qui a le regard «absent», mérite qu'on prenne le temps de se questionner et de l'aider.  Je souhaite de tout coeur que vous ne découvrez pas qu'un enfant est victime d'abus (car les causes de ces symptômes peuvent être multiples), mais si c'est le cas, je vous supplie de ne pas fermer les yeux et de dénoncer la situation le plus rapidement possible.  

Plus tôt la situation sera dénoncée et reconnue, plus il sera facile d'aider l'enfant ou la personne et ainsi de diminuer la gravité des séquelles.  Et croyez-moi, vous ne pouvez même pas imaginer l'étendue, la gravité et l'intensité des séquelles que peut vivre un enfant ou un adulte, non seulement parce qu'il est abusé, mais parce que tous ceux qui ont vu ont fermé les yeux!   

C'est à chacun de nous en tant qu'individu d'agir!  Que vous soyez un membre de la famille, un ami, un voisin, un entraîneur, un enseignant ou un simple passant, vous avez le pouvoir d'agir!  Vous pouvez changer une vie!  De grâce, ouvrez l'oeil, soyez attentif et si vous avez des doutes, dénoncez!

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

la boite:1609999:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer