Partager la route... même l'hiver!

Devons-nous vraiment rappeler que tous les cyclistes ne... (Photo fournie par l'auteure)

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Devons-nous vraiment rappeler que tous les cyclistes ne sont pas des fous de l'imprudence qui aiment mettre leur vie en péril chaque jour et qu'ils ne sont pas non plus des êtres enquiquineurs qui se lèvent tous les matins dans le but d'embêter automobilistes et piétons?

Photo fournie par l'auteure

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Véronique Arseneau
L'auteure est chargée de projet à l'organisme Environnement Jeunesse. Elle répond ici au texte «?Pas de place pour les cyclistes?!?» publié dans nos pages mercredi.

La Presse

«Tels des oiseaux migratoires qui auraient manqué de jugement, les cyclistes d'hiver sont de retour dans nos rues», écrit M. Martin Grégoire. En fait, si nous voulions comparer les cyclistes d'hiver à une espèce d'oiseaux, il faudrait davantage parler de mésanges à tête noire ou autre espèce résidente, car les cyclistes ne sont pas de retour dans les rues: ils ne les ont jamais quittées! L'hiver est par contre arrivé et le cycliste, tout comme l'automobiliste ou le piéton, a dû s'adapter.

Les raisons pour employer le vélo toute l'année comme mode de transport utilitaire sont nombreuses: respect de l'environnement, maintien de la forme physique, économie d'argent (et souvent de temps!) ou simple plaisir de rouler! Devons-nous vraiment rappeler que tous les cyclistes ne sont pas des fous de l'imprudence qui aiment mettre leur vie en péril chaque jour et qu'ils ne sont pas non plus des êtres enquiquineurs qui se lèvent tous les matins dans le but d'embêter automobilistes et piétons?

Avec des visions aussi unilatérales, nous ne pourrons jamais arriver à une cohabitation harmonieuse. Et on y croit, à cette harmonie! Malheureusement, en ce moment, le vélo d'hiver ne fait que soulever des passions: l'automobiliste diabolise le cycliste, le cycliste diabolise l'automobiliste. Serait-il possible de mettre un peu d'eau dans notre vin des deux côtés avant de prendre la route (en ne dépassant pas le .08, évidemment)?

Vous pouvez soupirer dans votre voiture à la vue d'un cycliste, mais quelle est la réelle source de frustration? Les quelques «précieuses» secondes que le cycliste vous fait perdre qui aboutiront souvent en une moins longue attente au prochain feu rouge (!), ou est-ce plutôt l'accumulation de tous ces petits titillements liés à la conduite hivernale (mauvaise visibilité, déneigement pour permettre de dégager l'auto, abaissement de la vitesse pour prévenir les dérapages...)? Prenez une bonne respiration et dites-vous qu'au moins, le cycliste ne prend pas d'espace de stationnement!

La majorité des cyclistes ne demanderait pas mieux que de pouvoir utiliser un réseau cyclable efficace toute l'année. Par contre, même si la ville de Montréal tente d'implanter le «Réseau blanc», soit un réseau cyclable qui serait entretenu toute l'année, il est en ce moment minimaliste. Le réseau se limite à quelques maigres tronçons, souvent non reliés entre eux, et non déneigés de façon prioritaire. Résultat: les cyclistes utilisent les petites rues ou les grandes artères, à la recherche des endroits bien déneigés, par simple réflexe de sécurité.

La solution au partage de la route se trouve sans doute en partie dans le développement d'axes réservés au vélo, mais surtout en la conscientisation des deux parties à la présence de l'autre. Bon nombre de citoyens et d'organisations tentent vivement de sensibiliser cyclistes et automobilistes au partage de la route et au respect. Ils tentent aussi de faire progresser l'état des infrastructures afin de favoriser la pratique la plus sécuritaire possible du vélo quatre saisons. Pour cela, le bannissement ou l'interdiction de circuler à vélo l'hiver semble une solution bien rétrograde, non?

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