Le père Noël a-t-il encore sa place?

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Il est en fait une sorte de personnalité divine chargée de promouvoir le matérialisme chez nos enfants.

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Bryan Teasdale
L'auteur est un père de famille de Sherbrooke.

La Presse

Coeurs sensibles, vous abstenir. J'ai des enfants et ils croient au père Noël. J'ai toujours cru que l'imaginaire des enfants est un don précieux et qu'en maintenant le rêve d'un vieux bonhomme habillé en rouge qui butine les maisons du monde entier, je leur permettais de vivre le rêve.

Maintenant, je le regrette. En prenant du recul, je me questionne sur le bien-fondé du père Noël comme symbole de rêve et d'illumination pour nos enfants.

Pensons-y un instant. La seule raison d'être du père Noël est de cultiver les valeurs du «je veux, j'ai et j'aurai». Et ce n'est pas vrai qu'il apporte des cadeaux à tous les enfants du monde. Il est en fait une sorte de personnalité divine chargée de promouvoir le matérialisme chez nos enfants. Il est partout: dans les journaux, à la télé, devant les maisons comme un dieu sacré. Dans les services de garde et les écoles primaires, on ne parle pratiquement plus des valeurs religieuses de l'amour, du partage, de la simplicité et du recueillement... on parle du père Noël et de ce qu'on veut lui demander. Quelle ironie! Nous avons rejeté la religion pour ses abus et ses excès, et nous l'avons remplacée par la religion... des abus et des excès.

Nous voilà à quelques jours de Noël, les chants joyeux sur toutes les ondes, alors qu'à Doha, on s'arrache la tête à savoir comment on arrivera à freiner le réchauffement climatique causé entre autres, disons-le, par notre incapacité de voir la vie autrement que dans l'abondance matérielle.

On parle aujourd'hui de changements climatiques, mais ne négligeons pas pour autant la disparition des espèces, la détérioration de nos plans d'eau et de nos océans, la pollution et le saccage des écosystèmes. Pas tout à fait joyeux comme pensée pour le temps des Fêtes, j'en conviens. Mais au fond, qu'ai-je à fêter?

Je vis un réel chagrin à penser que mes enfants seront aux premières loges pour voir les avertissements des scientifiques se concrétiser. Toutefois, mon chagrin devient amertume à l'idée que l'on continue d'éduquer nos enfants à vouloir à profusion par le biais de symboles tels le père Noël. Notre monde change, et inévitablement la culture doit changer aussi. Les symboles qui encouragent à l'excès, au gaspillage et au non-respect des générations à venir n'ont plus leur place.

Je veux que mes enfants puissent vivre une vie qui a du sens dans un monde en santé. Voilà mon dernier souhait au père Noël.

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