Pierre Beaudoin: Freiner le déclin du Canada

Les politiques gouvernementales doivent soutenir nos industries phares... (Archives, La Presse Canadienne)

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Les politiques gouvernementales doivent soutenir nos industries phares pour renforcer leur compétitivité à l'étranger.

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Pierre Beaudoin
L'auteur est président et chef de la direction de Bombardier. Ce texte est extrait d'un discours qu'il a prononcé récemment devant l'Economic Club d'Ottawa.

La Presse

La mauvaise nouvelle est que le Canada perd du terrain sur l'échiquier de l'économie mondiale. La bonne nouvelle est que nous pouvons maintenir et même développer notre présence si nous faisons les bons choix dès maintenant.

Les marchés émergents, particulièrement en Asie, sont aujourd'hui les moteurs de l'économie mondiale. Selon plusieurs observateurs, ces pays abriteront, d'ici le milieu du siècle, 60% de la richesse du monde et 70% de ses échanges.

Malheureusement, la part du Canada dans la richesse mondiale est en déclin. Le Fonds monétaire international rapporte que, depuis 2001, notre part du commerce mondial est passée du sixième au dixième rang et que nous avons subi la baisse la plus marquée de tous les pays membres du G20, exception faite du Royaume-Uni. Des alarmes devraient sonner dans les bureaux des hauts dirigeants du Canada et sur la colline Parlementaire à Ottawa.

Pour réaliser notre plein potentiel dans ces économies, nous devons avoir l'audace de nous attaquer à ces nouveaux marchés où, bien sûr, les défis et les risques sont plus importants, tout comme les occasions. Nous devons saisir cette importante occasion de croissance que nous offrent les marchés émergents pour transformer le Canada en un joueur-clé sur l'échiquier mondial. Cela signifie nous affirmer davantage en tirant parti de nos avantages comparatifs.

Les politiques publiques sont importantes dans ce nouvel ordre mondial. Nous avons besoin de politiques gouvernementales éclairées et concurrentielles aidant les entreprises canadiennes à créer des chaînes de valeur mondiales et à y participer. Des politiques qui favorisent non seulement les exportations, mais aussi des investissements bilatéraux, des partenariats internationaux en recherche et développement et de l'approvisionnement stratégique.

Nous avons besoin de reconnaître le nouveau contexte de politique économique, l'émergence d'un nouveau capitalisme d'État, pour citer The Economist, dans lequel les entreprises canadiennes exercent leurs activités. Un récent rapport du Forum économique mondial indique que les pays développés et ceux en développement adoptent des politiques industrielles énergiques pour appuyer leurs industries manufacturières. Le recours accru à l'intervention gouvernementale pour stimuler la croissance intérieure transforme les politiques et le paysage manufacturiers dans le monde entier.

Même si les caractéristiques économiques et technologiques des produits demeurent importantes, les stratégies économiques et les politiques publiques des pays interfèrent constamment avec les intérêts commerciaux. À l'échelle mondiale, les gouvernements appuient avec vigueur leurs industries phares. Ils y investissent et sont déterminés à aider leurs entreprises à réussir sur l'échiquier international.

Le gouvernement doit déterminer et appuyer avec force des secteurs stratégiques qui pourront stimuler la croissance de notre pays. En réponse à ce nouvel ordre mondial, il nous faut une stratégie économique coordonnée ciblant des politiques et une diplomatie économiques énergiques axées sur l'avenir. Sans une telle stratégie, les avantages comparatifs des secteurs phares du Canada s'éroderont très vite sur le marché mondial hypercompétitif, qui se caractérise de plus en plus par davantage d'actions militantes des gouvernements, en appui à nos compétiteurs.

Le gouvernement fédéral a diversifié comme jamais auparavant ses échanges commerciaux, en particulier avec les pays émergents. Pour en récolter le maximum de bénéfices, cette stratégie doit être complétée par de solides politiques économiques, chez nous, qui renforcent notre compétitivité à l'étranger.

Je crois que les entreprises et les autres parties prenantes se réjouissent de participer avec le gouvernement à une culture axée sur la consultation visant à établir des stratégies et des politiques économiques nationales solides pour ces marchés. Le moment est venu d'unir nos forces et, ensemble, de faire du Canada un acteur de calibre international qui réussit.

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