Il faut une entente gagnant-gagnant

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Le triomphe incontesté du commissaire Gary Bettman en 2005 nous a directement menés vers le conflit actuel dans la LNH.

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Jacques P. Morin
L'auteur est un retraité de Saint-Hyacinthe.

La Presse

Au gré des événements qui marquent le présent lock-out dans la LNH, les amateurs penchent en faveur de l'une ou l'autre des parties. C'est une réaction normale puisque nous sommes la convoitise de ces gens qui se livrent une bataille médiatique.

En effet, de part et d'autre, on s'acharne à remporter cette lutte afin de faire porter sur l'autre la responsabilité de cet arrêt de travail.

Bientôt décembre et les espoirs d'un règlement prochain fondent comme neige au soleil. On ne sait pas s'il y a plusieurs propriétaires d'équipe qui en ont marre. Pour eux, c'est l'omerta.

On voit quelques désaccords naître parmi les joueurs. Eux ont le pouvoir de parler, mais parfois, il est à se demander s'ils ne feraient pas mieux de se la fermer.

Étant donné sa longévité aux rênes de la LNH, de par son attitude et un physique qui s'y prête volontiers, ce «Petit Napoléon» de commissaire est la cible de prédilection de toutes les frustrations.

Mais ce qu'on semble parfois oublier, c'est qu'il a un vis-à-vis dont la réputation n'est plus à faire. L'Association des joueurs de la LNH a fait appel à Donald Fehr pour mener cette négociation.

Le but de cette démarche était sans équivoque: mettre Gary Bettman et les propriétaires au pied du mur.

Le conflit 2004-2005 s'est terminé par une victoire incontestée du commissaire Bettman et de ses bonzes. Le règlement aura été tout à l'avantage des patrons. Autant les médias que le public ont alors levé en l'air le bras de M. Bettman comme un boxeur victorieux. Dans tout cela, L'AJLNH a eu l'allure d'une bête fauve terrassée au sol.

Le triomphe incontesté de M. Bettman en 2005 nous aura menés directement à la profonde mésentente actuelle.

Les plaies laissées par le conflit de 2004-2005 se sont cicatrisées, mais ne se sont jamais effacées. Chez les joueurs, il faut entendre grincer des dents un Vincent Damphousse de ce monde quand il parle de «Gary» pour tout saisir...

C'est pourquoi il faut espérer que la prochaine convention collective acceptée par la direction de la LNH et ses joueurs soit marquée d'une seule étiquette: gagnant-gagnant.

S'il n'en est pas ainsi, ce ne sera que partie remise jusqu'à un autre conflit de travail dans quelques années. Les Fehr et Bettman auront passé, mais comme dans la pièce de l'auteur québécois Roch Carrier, nous aurons de nouveau droit à une représentation de La guerre, yes Sir!

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