Ingénieurs: un malaise immense

Ingénieurs, le temps est venu de nous unir... (Photothèque Le Soleil)

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Ingénieurs, le temps est venu de nous unir pour faire face, ensemble, à cet ennemi commun qu'est la corruption. Le temps est venu de dire non et de dénoncer.

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Claude Martin
L'auteur est un ingénieur de Lachine.

La Presse

Il y a maintenant près de huit ans que je porte fièrement ce jonc fait de fer froid, martelé sur l'enclume, symbole des difficultés du travail à accomplir et de l'engagement de l'ingénieur envers ses pairs, pour faire corps et s'unir à eux dans le respect et la volonté d'une entraide commune.

Cependant, aujourd'hui, un immense malaise m'envahit lorsque je vois certains confrères rompre l'engagement qu'ils ont pris lorsqu'ils ont reçu le privilège de porter ce symbole. À ce moment-là, lors du cérémonial, ils ont tous dit, d'une même voix, une main sur le coeur et l'autre tenant une chaîne faite de fer froid:

«Moi... devant eux, mes maîtres et mes pairs en ma profession, je m'engage sur l'honneur et sur le fer froid, au meilleur de mes connaissances et de mes moyens, désormais à ne pas tolérer ni approuver ni contribuer à approuver le travail mal fait ou les matériaux défectueux, que ce soit dans l'accomplissement de mes oeuvres d'ingénieur devant l'humanité ou en mon âme et conscience, devant mon Créateur.

De mon temps, ne serai point avare; ma réflexion ne marchanderai pas; mes soins ne dénierai pas quant à la qualité, l'unité, la solidité et la perfection des travaux auxquels je suis appelé à mettre la main.

Une juste rémunération pour mon travail recevrai en tout bien tout honneur. À ma réputation veillerai grandement, aussi d'aucune façon n'interpréterai abusivement l'opinion ni n'extorquerai l'approbation de toute personne avec qui je puis traiter. De plus, de toutes mes forces et sans relâche, lutterai tôt contre la jalousie et le dénigrement dont mes collègues pourraient être l'objet, quel que soit l'aspect de leurs ouvrages qui soit mis en cause.

Pour mes échecs et manquements certains, je demande pardon d'avance à mes maîtres et à mes pairs en ma profession ici réunis; et je prie le Ciel qu'à l'heure de mes tentations, de mes faiblesses et de mes lassitudes, le souvenir de cet Engagement et celui des personnes devant lesquelles je l'aurai prononcé me reviennent à l'esprit pour m'aider, me réconforter et me contraindre.»

Lorsque j'ai prononcé ces mots, la voix tremblante d'émotion, après tant d'investissement personnel, j'avais le sentiment d'agir pour le bien, la conviction de faire le bon choix. Je m'engageais à agir pour le bien de la profession et de la société, pas pour servir mes intérêts personnels.

Je suis toujours convaincu, aujourd'hui, qu'il est possible, pour tous, d'agir dans le respect de chacun des énoncés de cet engagement. Je suis convaincu que l'intégrité est possible et je veux continuer à promouvoir l'exercice de cette magnifique profession avec fierté.

La corruption guette, comme Sauron, le mal, du haut de sa tour, en terre du Mordor. Elle guette le porteur de l'anneau, du jonc pour lui faire passer outre l'engagement jadis pris. Alors, ingénieurs et ingénieures, je vous demande aujourd'hui, comme le dicte la devise du Québec, de vous souvenir de votre engagement et de faire honneur à notre profession. Le temps est venu de nous unir pour faire face, ensemble, à cet ennemi commun qu'est la corruption... le temps est venu de dire non et de dénoncer.

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