Coderre: le retour du populisme

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Si elle se concrétise, la candidature de Denis Coderre à la mairie de Montréal tranchera avec le style de politiciens «gestionnaires» qu'a connu la métropole depuis plus d'une décennie.

Photo: Olivier PontBriand, La Presse

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Marc Tarussio
L'auteur réside à L'Assomption et possède une maîtrise en administration publique de l'ENAP.

La Presse

Denis Coderre sera candidat à la mairie de Montréal aux prochaines élections municipales en 2013. C'est du moins la rumeur abondamment véhiculée par les médias et entretenue par M. Coderre lui-même qui n'hésite pas à faire grand étalage de son vif intérêt pour la mairie de Montréal à la moindre occasion.

Le franc-parler de Denis Coderre n'est pas sans rappeler un autre politicien, mais d'une autre époque, avec lequel il partage plusieurs points en commun et qui, lui, a été maire de Montréal pendant de nombreuses années: Camillien Houde. Les deux politiciens, qui ont en outre été députés aux Communes, partagent un style politique similaire que plusieurs qualifient de populiste.

Ce populisme, qui a été l'apanage de plusieurs politiciens d'autrefois, dont Maurice Duplessis, tend à revenir en force de nos jours, surtout dans le contexte actuel de corruption qui favorise l'émergence et la diffusion d'un discours politique populaire.

Dans ses discours, Camillien Houde n'hésitait pas à s'afficher comme étant le défenseur des intérêts du «vrai peuple», par opposition à ceux de «la clique», qui profitait de leur position au sein de l'État pour obtenir des avantages.

M. Coderre lui-même, dans son premier discours aux Communes, s'est présenté comme «un vrai représentant des citoyens de la circonscription de Bourassa», laissant ainsi entendre que plusieurs députés à Ottawa, particulièrement ceux du Bloc québécois, étaient davantage enclins à défendre leurs propres intérêts plutôt que ceux de la population.

Denis Coderre et Camillien Houde sont également tous deux nationalistes. Denis Coderre n'a pas ménagé ses efforts pour défendre et promouvoir le fait français au Canada, thème particulièrement cher aux nationalistes canadiens-français depuis bien avant la Confédération. M. Coderre faisait ainsi écho à l'ex-maire Houde, lequel reprochait notamment à Louis St-Laurent sa timidité à défendre la langue française dans les années 40 et de privilégier les provinces de langue anglaise au détriment de sa propre province, le Québec.

Il est manifeste que la candidature de Denis Coderre à la mairie de Montréal tranchera, si elle se concrétise, avec le style de politiciens «gestionnaires» qu'a connu la métropole depuis plus d'une décennie. Il y a fort à parier que M. Coderre n'hésitera pas à rappeler au peuple qu'il est authentique, près des préoccupations des gens, et que les Montréalais n'ont pas besoin de BIXI, mais de logements sociaux de qualité, de routes en bon état et d'impôts fonciers raisonnables. Bref, des thèmes populistes.

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