Un choix douteux

Sous prétexte d'un retard technologique et pour contrer... (Photo: Jim Wilson, Archives The New York Times)

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Sous prétexte d'un retard technologique et pour contrer le décrochage scolaire, on veut nous imposer des tableaux blancs interactifs qui n'ont aucunement fait leurs preuves.

Photo: Jim Wilson, Archives The New York Times

 

Julie Decoste, René Nault, Nathalie Tremblay et Stéphane Lance
Les auteurs sont enseignants au secondaire.

Cyberpresse

Sans consultation du milieu scolaire et à la surprise générale, le gouvernement Charest a annoncé lors du discours inaugural de février 2011 qu'il implanterait des tableaux blancs interactifs (TBI) dans toutes les classes du Québec. Ce programme engloutira plus de 240 millions de dollars en cinq ans.

Après une campagne de séduction savamment orchestrée avec dons de matériel à différents intervenants du milieu scolaire, Smart Technologies est le choix des deux tiers des commissions scolaires, dont la CSDM. Pourtant, cette technologie manque de souplesse tout en étant l'une des plus dispendieuses sur le marché. Comme le hasard fait bien les choses, un ex-membre du cabinet du premier ministre avait obtenu en février 2011 le mandat de faire du lobbying pour Smart Technologies!

Nous croyons que d'autres produits devraient nous être offerts et que le fournisseur choisi tente de relancer son entreprise aux frais des contribuables. La valeur en Bourse des actions de Smart Technologies est passée de 17$ à 3,57$ en quelques mois. Des investisseurs ont même déposé une demande de recours collectif de 100 millions contre Smart Technologies, estimant avoir été floués. Nous exigeons un plus grand choix technologique et de la transparence sur l'attribution des contrats.

Sous prétexte d'un retard technologique et pour contrer le décrochage scolaire, on veut nous imposer un outil pédagogique qui n'a aucunement fait ses preuves et qui n'est appuyé par aucune étude indépendante, sinon celles des fabricants. En Angleterre, où toutes les classes sont équipées de TBI depuis 2007, les résultats aux examens internationaux ne sont pas meilleurs que ceux des élèves du Québec, selon des chercheurs de l'Université de Montréal.

Nous sommes les spécialistes en éducation et pourtant, le gouvernement fait fi de notre expertise et nous impose un choix à prendre ou à laisser. Nous y voyons une attaque directe à notre autonomie professionnelle alors que les outils pédagogiques doivent être choisis par les enseignants, non par le ministère de l'Éducation, influencé par des entreprises privées avides de profits sans égard aux besoins réels.

Nous exigeons le respect de notre profession et nous désirons participer à tout projet de développement des nouvelles technologies.

Soyons clairs: les enseignants ne rejettent pas les nouvelles technologies. Mais l'ingérence abusive du ministère et l'imposition mur à mur de ce programme sont inacceptables. De plus, cette stratégie est vouée à l'échec sans un plan de formation appropriée pour les enseignants et d'un plan d'entretien du matériel.

Nous croyons que le projet d'acquisition des TBI n'est pas motivé par des intérêts pédagogiques et risque d'être un vaste gaspillage.

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