L'importante mixité sociale

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« Récemment, on a vu des résidants du quartier Angus s'opposer à un important projet du promoteur du Technopôle Angus », écrit Pierre-Yves McSween.

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Pierre-Yves McSween 

À Salaberry-de-Valleyfield, durant les années 80, la mixité sociale était quelque chose de bien palpable. Non loin d'une maison à revenu familial élevé, on pouvait trouver des logements pour familles moins nanties.

Bien sûr, il y avait certains quartiers plus défavorisés que d'autres, mais dans l'ensemble, il y avait une certaine proximité géographique entre les milieux socioéconomiques différents. Ultimement, on se côtoyait à l'école, peu importe les revenus de nos parents. À Montréal, l'actualité récente démontre une lutte contre cette mixité sociale.

Récemment, on a vu des résidants du quartier Angus s'opposer à un important projet du promoteur du Technopôle Angus. Plusieurs raisons ont été soulevées par les résidants : augmentation du trafic automobile, perte de la vue sur le centre-ville, etc.

D'autres ont soulevé le risque que l'arrivée de logements abordables vienne réduire la valeur de leur propriété.

Le projet de la Société de développement Angus (SDA) prévoyait au départ 500 logements sociaux. Avec les contestations populaires, l'intérêt d'une poignée d'individus semble l'emporter sur l'intérêt de la collectivité. Le promoteur annonce la modification du plan original à venir.

Les médias s'indignent-ils ? Il n'y a eu aucun saccage, aucune peinture dans les vitres du promoteur, mais on a utilisé les consultations publiques et la menace de s'opposer au projet par l'entremise de règlements d'urbanisme pour le faire avorter dans sa mouture actuelle. On a contesté le désembourgeoisement potentiel du quartier. Ce coin de Montréal est si homogène qu'il pourrait être utilisé comme décor pour une suite au film Bienvenue à Pleasantville.

GROUPES RADICAUX

Paradoxalement, on a vu dans HoMa ou Saint-Henri quelques actes de vandalisme de la part de groupes radicaux d'opposition à l'embourgeoisement. On ne veut pas de commerces de produits raffinés, on ne veut pas de restaurants plus dispendieux : on les perçoit comme du fromage à souris bourgeoises. On a peur de la hausse du prix moyen des logements.

De ce côté, la population dénonce les actes de vandalisme et on prône les lois du marché pour expliquer que « c'est la vie ». On ne peut pas appuyer les actes de vandalisme, c'est un moyen tordu et inutile pour éloigner une partie de la population.

Je parlais à un restaurateur qui a été vandalisé dans HoMa. Je lui ai précisé à quel point j'étais triste pour lui qui tente de faire son effort pour bâtir un commerce.

Il m'a répondu : « C'est la meilleure publicité que j'ai eue, tous les médias sont débarqués ! C'est une publicité qui dépasse le coût des réparations. »

Voilà, le vandale n'a pas atteint sa cible, il n'a fait qu'encourager ce qu'il voulait dénoncer.

D'autres endroits comme Westmount, Mont-Royal ou Outremont ont une autre façon de lutter contre la mixité sociale : le prix des propriétés est si élevé que les moins nantis y sont exclus. Pourtant, à force de vivre dans son cercle fermé, on finit par ne pas avoir une compréhension de la société dans laquelle on vit.

Quand le seul contact avec la pauvreté qu'on peut avoir, c'est lorsqu'on fait un chèque dans un encan de charité, on perd un certain contact avec la réalité. Entre le club de golf à 10 000 $ de frais annuels et un souper au restaurant à plus de 200 $ par personne, il arrive que l'on oublie ce que c'est que de manquer de ressources financières. D'un autre côté, à force de se côtoyer dans la misère, on en vient à oublier ce que c'est que d'avoir accès à une autre vie.

La mixité sociale demeure un outil de cohésion et de partage important. Comment penser former une société équilibrée à force d'ajouter des pierres au mur qui nous sépare ?

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