Se payer en premier

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Plusieurs Québécois n'arrivent pas à épargner. À quelques jours de la date limite de la contribution REER, la même rengaine joue sa mélodie. Le contribuable regarde l'espace REER inutilisé de son avis de cotisation fédéral, compare la somme avec le solde négatif de son compte en banque et conclut : « Je n'ai pas les moyens d'épargner. »

Il est pratiquement impossible pour le contribuable moyen d'attendre en fin d'année pour agir, car la tentation de consommer au-dessus de ses moyens est trop attirante. C'est plus fort que nous, s'il y a des liquidités temporaires dans le compte, on veut en profiter.

La semaine dernière, j'étais aux Galeries d'Anjou avec fiston. Pourquoi? Juste pour le promener en voiturette, il adore cela et j'achète la paix à maman pour quelques heures. L'endroit était plein à craquer. D'un point de vue extérieur, notre société peut avoir l'air bizarre : on travaille toute la semaine pour aller le week-end dépenser à nouveau ce qui nous force à recommencer à travailler davantage le lundi suivant. Les gens ont des sacs remplis de biens loin d'être ceux de première nécessité. Ont-ils contribué à leur REER ou leur CELI cette année? Statistiquement, la réponse est négative pour une portion de ceux-ci.

Quand on interroge par sondage les Québécois sur leurs habitudes d'épargne, une des réponses les plus populaires demeure : « Je n'ai pas les moyens d'épargner ».

En 2015, il s'est vendu 451 807 véhicules automobiles neufs au Québec, une augmentation de 5,9 % par rapport à 2014. L'industrie de la restauration montre des signes de saturation : il y a plus de 21 400 restaurants au Québec, soit un établissement par 384 habitants. Et selon un sondage, en 2004, 27 % des Québécois avaient fait un voyage à l'étranger au cours des trois dernières années ; ce chiffre était de 41 % en 2014.

LA VIE D'ANDRÉ

Prenons le cas d'André. Ce dernier n'a pas de bijoux et a toujours roulé en voiture usagée. Il s'habille au rabais lorsque nécessaire en gardant une sobre garde-robe. Au lieu d'acheter des équipements, il les loue au besoin. Il vit dans une petite maison avec sa famille. Les voyages en avion font oeuvre d'exceptions: il est sorti deux fois du Québec par avion au cours de la dernière décennie. Il cuisine et coupe ses légumes tous les dimanches. Contrairement à ses voisins, il n'a pas une dette moyenne de consommation par adulte de près de 18 000 $ (36 000 $ nets par couple). Ses voisins se moquent de lui à coup de signes « #yolo » (you only live once), et pourtant, il arrive très bien à dormir la nuit.

André n'est pas avare, séraphin, cheap ou « gratteux ». Non, André est simplement responsable, il vit selon ses moyens. Il ne fera pas faillite, il ne sera pas menacé de saisie par sa banque. Il ne sera pas pris au dépourvu. André, on ne l'envie pas. Il n'a pas de photos de lui dans des endroits paradisiaques sur Facebook ni de champagne sur le bord de la mer avec deux demi-vedettes en autoportrait. Non, André applique la seule recette éprouvée de l'épargne : il prévoit le prévisible et l'imprévisible. Il consulte son avis de cotisation fédéral de l'année d'avant et demande à son conseiller en placements de retirer automatiquement un douzième de la somme mensuellement.

André se paye en premier. Avant le restaurateur, avant le propriétaire de boutiques de vêtements et avant toute chose. Pourquoi fait-il cela ? Il vous répondrait : « parce que l'on ne vit qu'une seule fois. »

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