C'est mal parti!

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Il n'a suffi que d'une petite campagne de presse de quelques comptables et avocats de grands bureaux pour faire plier la première ministre et le ministre des Finances, Nicolas Marceau (notre photo).

La Presse Canadienne

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Pierre Paquette
Professeur d'économie au Collège de Maisonneuve, l'auteur a été député du Bloc québécois.

La Presse

C'est mal parti, c'est vraiment mal parti! Un mois après son élection, le nouveau gouvernement laisse tomber la mesure qui était sûrement la plus populaire de son programme: l'abolition de la taxe santé. Il n'a suffi que d'une petite campagne de presse de quelques comptables et avocats de grands bureaux pour faire plier la première ministre et le ministre des Finances. Ça promet pour le reste.

Le ministre des Finances, Nicolas Marceau, a déclaré à plusieurs reprises qu'il serait flexible sur les moyens, mais pas sur l'objectif. L'objectif, c'était l'abolition de la taxe santé et les moyens, c'était comment compenser le milliard de dollars pour le trésor public. Manifestement, la solution du ministre ne respecte pas cet engagement.

D'abord, le gouvernement n'abolit pas la taxe santé pour 2012. Ensuite, contrairement à la proposition initiale, son compromis d'introduire à partir de 2013 une certaine progressivité dans l'imposition de cette taxe est une improvisation. Il y a une dizaine de jours, j'ai entendu en entrevue le ministre écarter d'un revers de main l'imposition progressive de la taxe santé en disant qu'elle n'avait jamais été envisagée. Alors, comment expliquer qu'à 10 jours d'intervalle, ce qui n'avait jamais été envisagé devient la pierre angulaire de sa nouvelle proposition?

Parmi les arguments invoqués jusqu'à mercredi dernier par le gouvernement pour soutenir l'abolition de la taxe santé, il y avait la volonté d'alléger le fardeau fiscal de la classe moyenne et de ramener une certaine équité fiscale. Rien dans la nouvelle proposition du ministre ne va dans ce sens.

La majeure partie du milliard de dollars de la taxe santé est et sera payée par la classe moyenne. Le fardeau de 7,5 milliards de hausses de taxes et de tarifs légués par les libéraux restera essentiellement le même (seule l'annulation de la hausse des droits de scolarité reste au menu... pour le moment), affaiblissant par le fait même le pouvoir d'achat de millions de Québécois.

Le ministre a beau dire que 3,1 millions de personnes verront leur charge fiscale diminuer par rapport à ce que les libéraux avaient annoncé, il n'en reste pas moins que celles qui gagnent entre 20 000 et 130 000$ paieront plus cher que la promesse faite par le PQ.

Au plan politique, le ministre dit qu'il s'agit d'un compromis pour obtenir l'appui de l'opposition. À voir la réaction de ces partis, on comprend qu'il n'y a pas eu de négociations. Le gouvernement est minoritaire et doit faire des compromis. Mais pourquoi avoir lâché le morceau si vite, sans véritable négociation et sans pression sur l'opposition? Le compromis du ministre a mis le gouvernement sur la défensive, sans aucun prix politique à payer pour le PLQ et la CAQ.

Plus grave, en laissant tomber son principal engagement électoral sans l'avoir sérieusement défendu, le gouvernement alimente le cynisme de la population. Le PQ, à cause du projet qu'il porte pour le Québec, ne peut se complaire dans cette atmosphère morose. Espérons que le gouvernement Marois se ressaisira pour ses autres priorités et ainsi redonner confiance à la population. Il en va de sa réélection.

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