La flamme olympique

La Canadienne Yuki Tsubota, lors de la compétition... (Photo Bernard Brault, La Presse)

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La Canadienne Yuki Tsubota, lors de la compétition de ski slopestyle.

Photo Bernard Brault, La Presse

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Mélanie Dugré

Avocate, l'auteure collabore régulièrement aux pages Débats.

Je partage ma vie avec un journaliste sportif qui, depuis 15 ans, suit avec rigueur et passion les performances des olympiens. C'est un mordu de sport amateur et un grand amoureux des athlètes, à qui il voue respect et affection. Pour la première fois cette année, il n'était pas sur les lieux des compétitions et a couvert l'événement de Montréal.

Il n'en a pas moins intégré sa bulle olympique, vivant les 17 derniers jours au rythme de Sotchi, les battements de son coeur synchronisés avec ceux de «ses» athlètes. Il s'est levé au beau milieu de la nuit pour ne rien manquer des performances, l'alarme-réveil sonnant à des heures impossibles et l'odeur de pain grillé parfumant l'air à 4 heures du matin.

Je l'ai trouvé endormi sur le divan du salon entre deux compétitions, une tasse de café à la main, et je l'ai vu sautiller et taper des mains avec les trois marsouins en regardant Charles Hamelin remporter sa médaille d'or. Bref, la flamme olympique s'est propagée à toute notre maisonnée.

Puis, en levant le nez de mon nombril familial, j'ai été happée par le caractère rassembleur des Jeux olympiques. Les réussites et les déceptions des athlètes ont été sur toutes les lèvres, on s'est retrouvé entre collègues derrière un écran d'ordinateur pour regarder les Québécois en ski acrobatique dans les bosses et Patrick Chan en patinage artistique.

Dans les restaurants et les commerces, des essaims de gens étaient agglutinés devant les écrans pour suivre les parties de l'équipe canadienne de hockey. De mille et une façons, la magie olympique a encore une fois opéré.

Une magie qui, bons jeux, mauvais jeux, se trouve malheureusement assombrie par quelques nuages. Si nous avons désormais l'habitude des menaces terroristes, le pays hôte a cette année été abondamment, et légitimement, critiqué pour ses politiques indignes envers les couples homosexuels.

Des élus se sont également prêtés au traditionnel - et inélégant - jeu de récupération politique des prouesses sportives dans un puéril concours du plus grand nombre de félicitations transmises sur les réseaux sociaux. D'autres personnalités ont suggéré que le sport d'élite mine la qualité de vie de famille et abîme prématurément le corps des athlètes.

Peut-être que ces réalités me rattraperont un jour. En attendant, je suis prête à me priver de bien des voyages et des bouteilles de vin, tout comme je suis heureuse de me lever à cinq heures le samedi matin pour accompagner mes enfants sur le chemin de leurs rêves sportifs, peu importe la destination finale.

Car, avant le sport d'élite, il y a le sport tout court. Un puissant remède à bien des maux physiques et psychologiques, un antidote au décrochage et un vecteur de transmission de valeurs et de leçons de vie, comme la persévérance, le dépassement de soi, la confiance et la gestion de la pression et des émotions. En ce sens, les Jeux olympiques représentent non seulement la célébration ultime du sport, mais aussi le grand rendez-vous d'athlètes dont les exploits sont humains, avant d'être sportifs.

Et si, au terme de ces Jeux olympiques, les performances de nos athlètes ont donné envie aux jeunes et moins jeunes de sortir les vieux skis de fond du garage ou de chausser les patins pour rejoindre la patinoire du coin, la flamme n'aura pas brillé pour rien et les Jeux en auront valu la chandelle.

Rendez-vous à Rio de Janeiro!




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