PLQ: à la croisée des chemins

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Raymond Bachand  (photo) a été le premier à se lancer dans la course à la direction du Parti libéral du Québec. L'ancien ministre des Transports Pierre Moreau l'a suivi, et l'ancien ministre de la Santé Philippe Couillard doit annoncer sa candidature incessamment.

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Martin Coiteux
L'auteur est professeur au service de l'enseignement des affaires internationales à HEC Montréal.

La Presse

Les libéraux du Québec se choisiront bientôt un nouveau chef. Lancée par l'annonce officielle des premières candidatures, cette course à la direction pourrait être l'une des plus importantes de l'histoire du PLQ. Si les candidats osent s'aventurer hors des sentiers battus, elle pourrait même constituer un moment charnière dans l'histoire du Québec.

Les militants libéraux peuvent être fiers de la résilience dont a fait preuve leur parti dans sa défaite du 4 septembre dernier. Ils ne doivent cependant pas oublier une donnée fondamentale. D'élection en élection, le PLQ a tendance à rassembler chaque fois moins d'électeurs. S'il réussit encore à sauver les meubles, c'est essentiellement par ce que les appuis au Parti québécois suivent la même pente descendante. Les deux partis qui dirigent le Québec en alternance depuis 50 ans ont en effet chacun produit leurs orphelins.

Du côté du PQ, il est clair que la reconquête du coeur des orphelins est maintenant devenue un objectif prioritaire. Le programme, le ton très militant ainsi que le nouveau style de gouvernement du parti témoignent tous du même désir de chasser vigoureusement sur les terres de Québec solidaire. La stratégie est risquée, mais elle pourrait théoriquement donner une majorité au PQ, si la division des voix entre la CAQ et le PLQ observée lors des dernières élections devait se reproduire telle quelle lors des prochaines.

Le PLQ doit donc impérieusement réfléchir à sa propre stratégie de reconquête du coeur des électeurs orphelins.

Une stratégie tentante pour le PLQ serait d'occuper le centre que le PQ a choisi d'abandonner, lui qui se présente désormais aux électeurs comme la version «obsédée identitaire» de Québec solidaire.

Au Québec, ce «centre» se définit généralement par le désir de maintenir sans trop de changements le «modèle québécois» et d'incarner une vision non souverainiste du nationalisme identitaire traditionnel. Cette approche aurait le mérite de conforter bien des militants dans ce qui a été une manière de faire assez naturelle au PLQ.

Cette approche ne ferait cependant rien pour enrayer la chute mesurée des appuis au Parti libéral, chute qui a d'abord profité à l'ADQ de Mario Dumont, pour se transférer ensuite à la CAQ de François Legault. Voilà très exactement là où résident la majorité des électeurs orphelins du PLQ.

Ces électeurs veulent que des réformes soient apportées au modèle québécois. Ils veulent que le gouvernement qui dit se préoccuper de développement économique et de finances publiques plus saines passe de la parole aux actes. La plupart d'entre eux sont plus fédéralistes que nationalistes et pourraient donc revenir en masse au PLQ, si seulement celui-ci s'adressait plus directement à eux. Pour leur parler, le PLQ doit redevenir le grand parti réformateur qu'il a été, en prenant acte du fait que ce n'est plus le modèle d'avant 1962 qu'il faut maintenant réformer, mais celui très actuel de 2012.

Le PLQ doit en même temps laisser au PQ le terrain du nationalisme identitaire de la désunion, pour lui opposer une défense décomplexée du «vivre ensemble» et du fédéralisme.

Le PLQ se trouve donc à la croisée des chemins. Il peut choisir la voie conservatrice de la défense du modèle québécois et de la traditionnelle affirmation non souverainiste du nationalisme identitaire. Ce choix aurait cependant les allures d'une occasion ratée. La seconde voie qui est celle de la modernisation du Québec et de l'unité de tous les Québécois a en effet beaucoup plus d'avenir devant elle. Elle a plus d'avenir autant pour les Québécois que pour le parti qui choisira de la leur offrir.

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